Coronavirus à Strasbourg : Avec deux fois moins de visiteurs, le secteur du tourisme a souffert cet été dans la capitale alsacienne

ECONOMIE « Cette saison estivale est inédite et j'espère qu'elle ne reproduira pas », résume un professionnel du tourisme

Thibaut Gagnepain
— 
Un couple de touristes en Alsace.
Un couple de touristes en Alsace. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • Les professionnels du tourisme font grise mine à Strasbourg. Les mois de juillet et août ont été assez terribles, avec de fortes baisses de fréquentation.
  • A titre d’exemple, la cathédrale, monument le plus visité en Alsace, a attiré deux fois moins de visiteurs. Une tendance également ressentie dans les hôtels ou les bateaux de croisière.
  • « On n’a pas envie de se mettre dans une ville dans le contexte actuel », résume Patrice Geny, le directeur de l’Office de tourisme de Strasbourg et sa région. Comme beaucoup, il attend de savoir si le célèbre marché de Noël aura bien lieu.

Ce n’est qu’une anecdote mais elle en dit beaucoup du tourisme à Strasbourg cet été. Mi-août, un jeune couple qui avait réservé une nuit dans un hôtel assez éloigné du centre-ville a connu un agréable désagrément. L’établissement quatre étoiles qui devait les accueillir était fermé et leur a proposé un autre lieu. Rien de moins que… le prestigieux hôtel de luxe cinq étoiles situé en plein cœur de la Petite France, le quartier-vitrine de la capitale alsacienne !

Un des effets collatéraux positifs du Covid-19 ? Ce n’est certainement pas l’avis des professionnels du tourisme. A l’heure du premier bilan des deux mois de congés estivaux, les mines étaient plutôt déconfites cette semaine.

« Il n’y a personne cette année en ville »

« Il ne faudrait pas que tout ça dure car sinon, les dégâts seront terribles », avoue Séraphin Kern, qui possède les petits trains dans plusieurs cités alsaciennes. Sur l’ensemble des parcours proposés, l’entreprise qu’il cogère avec son fils a connu une baisse « d’environ 50 % » cet été. « Notre clientèle, ce sont surtout des touristes étrangers mais il n’y a personne cette année en ville », appuie l’associé.

Les chiffres de l’Office de tourisme de Strasbourg et sa région (OTSR) le traduisent : la cathédrale, monument le plus visité d’Alsace, a accueilli 250.000 visiteurs au lieu des 500.000 enregistrés l’an passé sur les deux mois les plus chauds. Et c’est encore pire concernant les musées (-56 %) ou les promenades en bateau (-61 %)...

« La montagne et la campagne ont tiré leur épingle du jeu. Le tourisme urbain a davantage souffert, au niveau national et au niveau européen. On n’a pas envie de se mettre dans une ville dans le contexte actuel », résume Patrice Geny, le directeur de l’OTSR.

Quid du marché de Noël

Son office vient de lancer une opération de communication afin d’encourager le « tourisme sur le principe de la marguerite ». En clair, les voyageurs dorment à Strasbourg et visitent chaque jour l’Alsace grâce au train. Les hôteliers de la capitale alsacienne sont en tout cas prêts à accueillir de nouveau une clientèle massive.

« Aujourd’hui, on ne doit plus être très loin des 85-90 % du parc ouvert. Il n’y a plus beaucoup d’établissements fermés, sauf ceux en travaux », explique Pierre Siegel, président du syndicat des hôteliers-restaurateurs à Strasbourg. Comme ses collègues et tous les professionnels du tourisme, ils ont maintenant une autre inquiétude : que le célèbre marché de Noël n’ait pas lieu cet hiver.

« Nous ne pouvons pas répondre de manière précise aujourd’hui. La décision reviendra à madame la préfète », évacue le président de l’OTSR, Jean-Jacques Gsell. Chaque année, ce sont environ deux millions de visiteurs qui déambulent au milieu des chalets et des effluves de vin chaud.