Strasbourg : Ça pétille à nouveau pour le crémant d’Alsace

VITICULTURE Malgré le Covid et le confinement, le crémant d’Alsace sort de la crise avec une reprise encourageante des ventes en juin

Gilles Varela
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Illustration. Vendanges en Alsace.
Illustration. Vendanges en Alsace. — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Le crément d’Alsace, après une chute des ventes pendant le confinement reprend des couleurs.
  • Même s’ils restent prudents, le moral est au beau fixe chez les viticulteurs qui ont entamé depuis le 24 août les vendanges pour le crémant d’Alsace, des vendanges précoces cette année encore.
  • Si les chiffres de commercialisation pour juillet et août ne sont pas encore connus, une embellie en juin redonne espoir à une filière qui l’année dernière battait tous ses records avec 35 millions de bouteilles de crémant vendues.

Au lendemain du déconfinement, ce n’est pas tout à fait la gueule de bois pour la filière du crémant d’Alsace. Après la crise du Covid et une reprise timide au niveau des ventes, comme pour l’ensemble de la filière viticole, la boisson semble pétiller à nouveau au rayon des ventes. Pour l’heure, on s’active encore dans les vignes afin que cette année soit aussi exceptionnelle pour la filière crémant que ne l’a été l’année 2019. Les vendanges pour le crémant d’Alsace ont commencé il y a une semaine, précoces comme l’année dernière, alors que s’annoncent déjà celles des vins tranquilles qui auront lieu dés ce jeudi. Si les ventes reprennent des couleurs, plus 5 % en juin par rapport à juin 2019, ce n’est tout de même pas la fête au village.

Pourtant, cela partait si bien. L’année dernière, pour la première fois souligne Olivier Sohler, directeur du Syndicat des producteurs de Crémant d’Alsace, le volume de 35 millions de bouteilles vendues en une seule année était atteint. Un record de commercialisation et une barre franchie. » Mieux encore, toujours selon le directeur, les deux premiers mois de l’année 2020 semblaient confirmer cette tendance avec des volumes de productions records approchant la barre des 300.000 hectolitres produits. Autre record de production. « Tous les espoirs étaient au beau fixe pour avoir une année 2020 exceptionnelle en termes de vente » affirme Olivier Sohler.

Une reprise progressive

Mais voilà, patatras. Les vignerons ont dû revoir leurs ambitions à la baisse avec la crise sanitaire et économique du Covid. Les ventes ont chuté de 15 % environ sur les six premiers mois de l’année. « Selon certains circuits de distribution, elles se sont carrément arrêtées, détaille Frédéric Bach, directeur de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA). Il y a eu très peu d’exports alors que cela représentait en 2019 près de 29 % des ventes. Des difficultés sur le marché national aussi. « La restauration n’en a pas acheté, les ventes au caveau ont été stoppées, il n’y a pas eu de salon, habituellement bénéfique pour les vignerons récoltant » ajoute Frédéric Bach.

Bilan, en avril, les ventes n’ont atteint que 40 % d’un mois d’avril normal. La boisson de « fête » a subi de plein fouet l’arrêt des mariages, les anniversaires, des réunions de travail, des salons pour les vignerons récoltants.

A présent, la filière espère avec prudence voir cette embellie de juin perdurer et lorgne sur l’export, malgré les difficultés de contacts avec l’étranger ou bien encore les taxes américaines. « On n’en sait encore rien », confie Olivier Sohler qui compte sur les principaux marchés du crémant d’Alsace, à savoir la Belgique, l’Allemagne et les USA.

Quant aux ventes de juillet et août, cela semble encourageant selon les vignerons même si les touristes sont arrivés tardivement dans les cités viticoles alsaciennes. « Mais c’est ce qui va se passer de septembre à décembre qui est important, puisque ce sont les principaux mois de consommation pour le crémant. On doit rester prudents. »