Coronavirus à Strasbourg : Le port du masque obligatoire dès samedi dans 13 communes alsaciennes

SANTE Un arrêté préfectoral ordonne le port du masque dans sept communes de l'Eurométropole et six autres communes du département dès samedi

Gilles Varela

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Illustration masques dans la rue.
Illustration masques dans la rue. — HINE NOUVELLE/SIPA
  • Selon un communiqué de la préfecture, le port du masque sera obligatoire dans 13 communes Bas-Rhinoises dès samedi.
  • Une décision qui a surpris la grande majorité des élus présents lors de la séance du conseil de l’Eurométropole ce vendredi matin.
  • Ces derniers ont fustigé, notamment la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian, également première vice-présidente de l’Eurométropole, « le manque de concertation » avec l’Etat.

La nouvelle a étonné voire indigné plus d’un élu réuni lors de la séance publique du conseil de l’Eurométropole ce vendredi matin. Alors qu’elle venait de débuter, sa présidente, Pia Imbs, a annoncé que la préfète Josiane Chevalier s’apprêtait à signer un arrêté imposant le port du masque pour lutter contre le coronavirus dans les communes de l’Eurométropole, dans l’espace public.

Une « brutalité » de l’annonce qui a suscité la colère de plus d’un élu ce vendredi matin. Si ces derniers n’ont pas disserté sur le fond de l’utilité d’une telle mesure, ils reprochent surtout une méthode gouvernementale « sans concertation ».

Dans un communiqué parvenu à la mi-journée, la préfecture a confirmé l’information. L’arrêté dépasse même les frontières de l’Eurométropole. Ainsi le port du masque en extérieur pour les personnes de plus de 11 ans est obligatoire dans les sept communes de plus de 10.000 habitants de l’Eurométropole, à savoir Strasbourg, Schiltigheim, Illkirch-Graffenstaden, Lingolsheim, Bischheim, Ostwald et Hoenheim, mais aussi dans six autres communes de plus de 10.000 habitants du département : Haguenau, Sélestat, Bischwiller, Obernai, Saverne, Erstein. La mesure est applicable, précise la préfecture, dès samedi 29 août à 8 h et jusqu’au 30 septembre au moins. Les personnes pratiquant des activités physiques, sportives et artistiques sont exemptées de cette obligation de même que les personnes en situation de handicap présentant un certificat médical.

Une décision « sans concertation »

Une « surprise », selon la maire Jeanne Barseghian, également première vice-présidente de l’Eurométropole, qui a fait part de sa déception quant au manque de dialogue avec l’Etat et « cette manière de faire. » « A quoi bon si in fine nos recommandations ou nos avis ne sont pas pris en compte » a-t-elle lancé à l’assemblée.

Le tandem maire-préfet initié pour gérer la crise de coronavirus semble avoir pris du plomb dans l’aile. Autre interrogation, les sanctions. Là aussi, cela pourrait être un sujet de crispation dans les jours à venir. Elles seront pédagogiques dans les premiers jours puis les infractions s’élèveront ensuite à 135 euros. Mais la maire a déjà prévenu (avant l’annonce officielle) : « Cette décision ne relevant pas de nous, étant un arrêté préfectoral, il n’est pas question pour nous d’engager des moyens de contrôle et de répression alors que nous ne sommes pas à l’initiative de cet arrêté. »

La présidente Pia Imbs s’est également indignée et a indiqué devant l’assemblée « regretter cette absence totale de concertation », « d’avoir été mise devant le fait accompli alors que nous avons des rapports quotidiens avec l’ARS et la préfecture. »