Strasbourg : La maire écologiste abroge l’arrêté « indigne » anti-mendicité

POLITIQUE Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, juge que l’arrêté anti-mendicité pris par son prédécesseur « portait atteinte à la dignité des personnes »

20 Minutes avec AFP

— 

L'arrêté anti mendicité à Strasbourg avait été pris en avril 2019 (illustration).
L'arrêté anti mendicité à Strasbourg avait été pris en avril 2019 (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES / SIPA
  • Depuis avril 2019, Strasbourg expérimentait un arrêté anti-mendicité.
  • Pris par l’ancien maire socialiste, Roland Ries, le texte avait divisé sa propre majorité.
  • La nouvelle maire, l’écologiste Jeanne Barseghian, vient d’abroger cet arrêté.

Jeudi, la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a abrogé un arrêté contre la mendicité agressive pris par son prédécesseur socialiste. Elle jugeait que le texte « portait atteinte à la dignité des personnes », a annoncé la mairie dans un communiqué.

« Dans une ville où un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, c’est la pauvreté qu’il faut combattre et non les pauvres », a déclaré Jeanne Barseghian. L’élue a ajouté que cet arrêté « portait atteinte à la dignité des personnes et réduisait le droit et la jouissance des usages de la ville ».

Un texte qui avait divisé l’ancienne majorité municipale

Face à cette pauvreté, la nouvelle maire annonce qu’elle souhaite renforcer « les moyens de l’équipe mobile de rue » et associer prévention, accompagnement social, médical et psychologique, traitement des addictions, recherche d’un logement et insertion sociale. « Une attention particulière sera portée au mobilier et aux aménagements urbains afin de les rendre accueillants pour toutes et tous », souligne également le communiqué.

Ciblant trois secteurs du centre historique, l’arrêté anti-mendicité avait été pris à titre d’expérimentation en avril 2019. Il devait s’appliquer jusqu’à la fin de l’été puis à nouveau pendant le marché de Noël, de fin novembre à fin décembre, deux périodes où l’affluence est la plus importante dans le centre-ville de Strasbourg.

Concrètement, le texte interdisait, entre 10 h à 20 h, l’occupation prolongée des voies publiques, qu’elle soit accompagnée ou non de sollicitation des passants, lorsqu’elle était de nature à entraver la libre circulation ou à porter atteinte à la tranquillité publique.

L’arrêté en question avait profondément divisé la précédente majorité municipale. Jeanne Barseghian, alors conseillère municipale, avait dénoncé dans une tribune co-signée avec d’autres élus et des militants associatifs « une faute politique ».