Strasbourg : Canicule, Covid-19... Des seniors expérimentent des montres thermiques

SANTE Le dispositif se met à sonner en cas de hausse soudaine de la température de 1°C

Thibaut Gagnepain

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Les résidents ont pu tester leurs futurs montre thermique, ici avec le chargé de développement à l'international de la marque Biodata Bank, David-Antoine Malinas.
Les résidents ont pu tester leurs futurs montre thermique, ici avec le chargé de développement à l'international de la marque Biodata Bank, David-Antoine Malinas. — Biodata Bank
  • Des seniors de la résidence Landsberg, à Lingolsheim près de Strasbourg, participent à une expérimentation.
  • Pendant un mois, les volontaires vont porter une montre thermique. Son but ? Elle va mesurer constamment leur température et se mettre à sonner en cas de hausse soudaine.
  • Ce dispositif pourrait être utile dans les périodes de canicule ou… de propagation du Covid-19.

Un petit cadran blanc sans écran posé sur un bracelet noir en velcro. A partir de lundi, ce petit objet équipera des seniors volontaires de la résidence Landsberg de Lingolsheim, à côté de Strasbourg, Cette « montre thermique » leur sera proposé gratuitement pendant un mois, le temps d’une expérimentation.

Le but ? Mesurer en permanence leur température corporelle et prévenir une éventuelle hausse soudaine. Qu’elle soit liée à la chaleur ou à un virus… comme le Covid-19. « Il y a une prise de température toutes les minutes, sans envoi d’onde ou quoique ce soit », détaille David-Antoine Malinas, le chargé de développement à l’international de Biodata Bank, la start-up japonaise à l’origine du produit. Celui-ci a déjà été testé en 2019 dans le secteur du bâtiment, « dans des pays comme le Qatar, les Etats-Unis ou le Turkménistan ». « On avait travaillé avec Bouygues afin de voir comment les ouvriers réagissaient à la chaleur », précise-t-il.

En cas d’augmentation « supérieur à 1°C », une alarme se déclenche. Une mélodie à 90 décibels censée attirer l’attention de la personne concernée. « C’est alors à elle de prendre des mesures nécessaires, comme se servir un verre d’eau, aller se mettre à l’ombre ou prendre une douche », explique encore David-Antoine Malinas, qui attend beaucoup de ces tests réalisés avec l’aide de personnes âgées.

« Ça peut nous aider »

L’entreprise qui l’emploie a déjà « écoulé 100.000 montres thermiques l’an dernier » grâce au BTP et aimerait maintenant élargir sa clientèle. Cela dépendra des retours de cette expérimentation ainsi que de celle menée dans le même type d’établissement à Mulhouse.

« Moi je suis persuadée que ça peut nous aider à lutter contre les conséquences dramatiques de la déshydratation », estime Geneviève Zehner, responsable du centre communal d’action social de Lingolsheim, qui travaille en étroite relation avec la résidence autonomie gérée par l’association Arpale. « Les personnes âgées perdent souvent la sensation de soif et leur état de santé peut se détériorer, constate-t-elle. In fine, la montre pourrait être connectée à un logiciel et signaler au personnel un souci. »

Des résidents pas tous convaincus

Ce n’est pas le cas ici et des résidents, qui se débrouillent tous seuls dans un appartement de 36 m², ont déjà pris peur face au dispositif. « Plusieurs sur la vingtaine qui étaient venus à la réunion d’information n’ont pas tout assimilé, reprend Geneviève Zehner. Certains m’ont dit que ça allait les gêner, d’autres ont demandé combien ça coûtait alors que c’est gratuit… Il va falloir qu’on réexplique tout ça mais je pense qu’une douzaine participera. »

David-Antoine Malinas a présenté lundi le dispositif aux résidents de l'Apale, à Lingolsheim.
David-Antoine Malinas a présenté lundi le dispositif aux résidents de l'Apale, à Lingolsheim. - Biodata Bank

Ils auront donc le matériel pendant tout le mois d’août, avec juste une consigne : l’enlever en cas de contact avec l’eau. Pas la nuit. « La température peut aussi augmenter quand on dort, si par exemple un ventilateur ou la climatisation s’arrête », précise David-Antoine Malinas, qui devrait rendre en octobre des détails sur l’expérimentation. « On a besoin de retours utilisateurs afin d’entrer sur le marché avec de bonnes références, poursuit-il. On a la technologie mais pas le savoir terrain. Tout ça va nous permettre d’adapter notre produit. » Et peut-être de sauver des vies.