Strasbourg : La nouvelle maire Jeanne Barseghian veut annuler la gratuité partielle du stationnement

TRANSPORTS Parmi les premières mesures prises par la nouvelle maire de Strasbourg Jeanne Barseghian, figure l’annulation des deux heures de gratuité du stationnement en voirie dès le 1er août, prévue pourtant jusqu’au 30 septembre

Gilles Varela

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Borne de stationnement. Strasbourg le 21 mars 2018.
Borne de stationnement. Strasbourg le 21 mars 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Depuis le 1er juillet et jusqu’à fin septembre, les deux premières heures de stationnement en voirie dans l’hypercentre de Strasbourg sont gratuites.
  • Une mesure voulue par l’ancien maire Roland Ries afin d’aider à une reprise économique en cette période post-Covid.
  • La maire écologiste fraîchement élue veut revenir sur cette mesure et indique qu’elle sera arrêtée début août.
  • Une décision « incompréhensible » pour les commerçants qui regrettent de ne pas avoir été consulté à ce sujet.

C’est une décision du nouvel exécutif strasbourgeois qui fait déjà bien parler d’elle. La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian est revenue sur une décision de l’ex-maire Roland Ries, à savoir la gratuité partielle du stationnement en voirie jusqu’à la fin septembre. Un plan mis en place « pour donner un coup de pouce aux commerces du centre-ville » Depuis le 1er juillet, les deux premières heures de stationnement en voirie, quel que soit le moment de la journée, sont gratuites. Une mesure prise à la demande des commerçants, notamment l’association les Vitrines de Strasbourg, appuyée par la Chambre de commerce et d’industrie, de la Chambre des métiers.

Oui mais voilà, cette décision n’est pas du goût de Jeanne Barseghian. L’élue veut revenir, comme elle l’avait indiqué lors du dernier conseil municipal, sur cette mesure. Pierre Ozenne, le tout nouvel adjoint au maire en charge des Espaces publics partagés et des voiries, donc aussi du stationnement, est formel : « Nous reviendrons dès début août sur cette gratuité dans la mesure où l’on souhaite travailler sur la question des alternatives à la voiture individuelle. Notamment qui rentrent dans les zones de l’hypercentre, dans les zones de stationnement payant mais pas seulement. » Un objectif annoncé aussi pendant la campagne de Jeanne Barseghian qui souhaite  privilégier les politiques de report modal et donc les parkings relais en périphérie.

« Un premier mauvais signe »

L’arrêt anticipé suscite l’incompréhension de conseillers municipaux de l’opposition à travers le groupe Strasbourg ensemble. Ces derniers ont d’ailleurs adressé une question d’actualité à Jeanne Barseghian pour le prochain conseil municipal ce 10 juillet.

Une incompréhension surtout chez les commerçants. « Nous n’avons eu que des remontées très positives de la part des consommateurs qui sont ravis, mais aussi des commerçants, assure Pierre Bardet, le directeur des Vitrines de Strasbourg. C’est la première fois que ça arrive ! C’est très positif comme opération. » Alors ce qui interroge particulièrement le directeur, c’est une sorte de « précipitation, sans concertation. » « Nous ne demandons pas une mesure qui soit reconduite toute l’année ! C’est juste pour deux mois et c’est déjà en place. »

Les parkings relais

Une décision expliquée cependant par l’élu Pierre Ozenne avec la pleine reprise des transports de la CTS. « La collectivité n’était pas en mesure de pouvoir faire déplacer en masse les personnes. Aujourd’hui on revient à la normale, en pleine capacité du transport public alors on va pouvoir accueillir les automobilistes dans les parkings relais. Nous voulons revenir à un dispositif qui a fonctionné par le passé, détaille l’adjoint au maire. On préfère que les automobilistes utilisent des infrastructures qui ont été financées par la collectivité à l’extérieur du centre-ville plutôt que de les voir circuler dans la zone de rencontre qui a été instaurée dans l’hypercentre. » Et pour enfoncer le clou, Pierre Ozenne indique qu’une demande sera faite, une fois l’exécutif de l’Eurométropole installé, pour la gratuité sur le réseau CTS pour les moins de 18 ans et les moins de 25 ans sans ressource.

Des arguments que n’entendent pas vraiment les commerçants : « On n’est pas dans une période d’avant, mais post-Covid avec beaucoup d’incertitudes et de gens qui ne souhaitent plus, pour l’instant, prendre les transports en commun parce qu’ils ne s’y sentent pas tranquille, pour des raisons sanitaires. Le tram fonctionnait déjà à plein régime lorsque cette mesure de gratuité partielle a été prise. Cette mesure est un coup de pouce et ce n’est pas pour toute l’année, mais juste deux petits mois. »

Autre incompréhension, le manque de concertation. « En quelques jours, balayer une telle opération qui rencontre un incroyable succès auprès des consommateurs n’est pas bon. Prendre cette décision sans nous rencontrer, nous en parler, est un premier mauvais signe mais je crois en la bonne intelligence de madame la maire », martèle Pierre Bardet, un représentant des commerçants qui espèrent encore que cela ne soit pas signé…