Strasbourg : Deux camps s'opposent pour la présidence de l’Eurométropole

POLITIQUE Qui succèdera à Robert Herrmann mercredi prochain ? C'est encore indécis...

Thibaut Gagnepain

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L'hémicycle de l'Eurométropole, à Strasbourg.
L'hémicycle de l'Eurométropole, à Strasbourg. — Varela
  • Les élections ne sont pas tout à fait terminées à Strasbourg. Le 15 juillet, un nouveau président sera élu à l’Eurométropole, la communauté d’agglomération de la capitale alsacienne.
  • Il s’agira vraisemblablement d’une femme, car aujourd’hui, Catherine Graef-Eckert et Pia Imbs sont les mieux placées.
  • Deux courants devraient s’opposer. Les Verts strasbourgeois et schilickois poussent pour l’élection de Pia Imbs, la maire d'Holtzheim ; les autres communes, plus petites, veulent faire entendre leur voix grâce à Catherine Graef-Eckert.

Une dernière élection et la page des municipales sera tournée. Mercredi matin, les cent conseillers de l’Eurométropole de Strasbourg désigneront leur président. Ou plutôt leur présidente, puisque seules des candidates se sont déclarées jusqu’ici. Il s’agit de la maire d’Holtzheim Pia Imbs, de celle de Schiltigheim Danielle Dambach ainsi que de l’édile de Lingolsheim Catherine Graef-Eckert.

Et Catherine Trautmann ? L’ancienne ministre socialiste s’est signalée mercredi par une tribune envoyée aux Dernières Nouvelles d'Alsace. Sans avancer ses pions, elle a surtout appelé à « une gouvernance partagée et équitable » entre les 33 communes qui forment la communauté d’agglomération. Un discours très à la mode actuellement puisqu’il est également tenu par les autres camps !

Barseghian propose un trio

Depuis ce jeudi matin, il n’en reste plus que deux. Lors d’une conférence de presse bien orchestrée, Pia Imbs et Danielle Dambach ont annoncé unir leurs forces, avec l’appui de la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian. Pour un triumvirat qui se répartirait les postes et les compétences. La première occuperait le fauteuil principal, avec deux « présidentes déléguées » à ses côtés.

Pia Imbs, Jeanne Barseghian et Danielle Dambach (de gauche à droite) proposent une « gouvernance partagée » pour l'Eurométropole.
Pia Imbs, Jeanne Barseghian et Danielle Dambach (de gauche à droite) proposent une « gouvernance partagée » pour l'Eurométropole. - T. Gagnepain / 20 Minutes

« Nous proposons une gouvernance collégiale avec, pour la première fois, une présidente de l’Eurométropole issue d’une commune de la deuxième couronne », a lancé l’élue de la capitale alsacienne. « Nous avons décidé de nous rassembler dans l’intérêt commun. Notre force vient de notre union », a prolongé Danielle Dambach, avant de laisser la parole à sa « tête de liste ».

« Ce n’est pas un simple accord politique, nous nous sommes mises d’accord sur une feuille de route dont l’essentiel est de relever le défi climatique », a justifié Pia Imbs. « Notre souhait est de fédérer les communes, pas de les opposer. C’est pour cela que je lance un appel au rassemblement autour de notre projet. »

Les socialistes dans l’opposition ?

Un appel qui passe plutôt mal du côté de Catherine Graef-Eckert. Tout juste investie par le groupe « Une Eurométropole pour tous », qui revendique « entre 26 et 28 communes » acquises à sa cause, elle regrette la méthode employée. « Décidément, l’ancien monde [de la politique] a encore de beaux jours devant lui… Nous, c’est d’abord le projet et ensuite le partage des postes. Elles, c’est l’inverse », attaque l’édile de Lingolsheim. « Mais je continuerai à porter la voix des maires et je suis très loin d’être seule. »

Son courant pourrait même compter de nouveaux alliés avec les socialistes. Dont ceux qui ont rejoint la majorité écologiste à Strasbourg samedi dernier. Catherine Trautmann et les siens vont-ils voter contre les écologistes ? « On en discutera, je n’ai pas d’avis préconçu mais j’ai constaté que la candidature de Pia Imbs ne faisait pas l’unanimité », répond l’ancienne maire de Strasbourg. Elle aimerait que le partage du pouvoir au sein de présidence de l’Eurométropole s’inscrive dans la lignée du précédent mandat, conduit par Robert Herrmann avec l’appui d’Yves Bur. Soit pile poil le même héritage revendiqué par Catherine Graef-Eckert…

Les socialistes représentent huit suffrages,sur les cent exprimés et répartis selon l'importance des 33 communes. Si on les ajoute aux « 35 voix » que dit pouvoir réunir « Une Eurométropole pour tous », une lutte indécise s’annonce mercredi prochain sur les boîtiers électroniques.

En face, le camp Imbs-Dambach-Barseghian s’appuiera logiquement sur les 35 voix de la majorité strasbourgeoise, les 6 schilikois ainsi que l’unique suffrage d’Holtzheim. Le renfort des deux élus d’Ostwald ne devrait également pas être une surprise mais… cela ne fait pas 50. « Moi ce qui m’intéresse, c’est de rassembler, pas de compter les voix », rétorque Jeanne Barseghian. Là encore dans un discours tenu de part et d’autre.