Strasbourg : Dépôt de matraques, cortège en ville ou devant la cathédrale... Les policiers multiplient les actions de contestation

MALAISE Ils étaient près de 150 à défiler cet après-midi dans les rues de la capitale alsacienne

Thibaut Gagnepain
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Les policiers de Strasbourg ont déposé leurs matraques dans un carton, ce mercredi.
Les policiers de Strasbourg ont déposé leurs matraques dans un carton, ce mercredi. — Syndicat Alliance

Leurs sirènes ont longuement résonné dans le centre-ville, ce mercredi vers 14 h 30. Les policiers de Strasbourg ont défilé en cortège à bord de leur véhicule. Un peu plus tôt, ils sont partis de l’hôtel de police pour se rendre à la préfecture.

« Nous étions environ 150, explique Christophe Rouyer, secrétaire départemental du syndicat Alliance. Nous allons remettre un courrier à la préfète du Grand-Est [Josiane Chevalier]. Elle va nous recevoir à 16 h 30. »

Dans cette lettre, signée de l’intersyndicale, les policiers déplorent la condamnation d'un de leur collègue, mardi devant le tribunal correctionnel de la capitale alsacienne. Ils jugent trop sévère sa condamnation à 18 mois de prison avec sursis pour avoir frappé avec une matraque une « gilet jaune ».

« On attend un Beauvau de la sécurité »

En début d’après-midi, ils s’étaient d’ailleurs réunis devant l’hôtel de police et avaient symboliquement déposé leur « bâton de défense » dans un carton. « Vu qu’on ne peut plus l’utiliser, on le rend », image Christophe Rouyer, qui tient à élargir le débat : « Nous ne contestons pas uniquement ce qu’il s’est passé devant la justice mardi, c’est un ensemble. »

Comme ailleurs en France, les policiers de Strasbourg manifestent pour dénoncer leurs conditions de travail et leur rémunération, mais aussi réagir aux propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. « On attend un Beauvau de la sécurité et d’être reçu par le Président de la République », résume le syndicaliste.

A Strasbourg, des actions avaient déjà été menées devant le Parlement européen ou la cathédrale. Mardi soir, des policiers s’étaient alignés devant leur véhicule au pied de l’édifice religieux. Des passants les avaient applaudis.