Strasbourg : Une manifestation de Tchétchènes interdite, le tribunal confirme

JUSTICE « L’impératif de prévention de propagation du Covid-19 ne peut être assuré », a estimé le tribunal administratif

T.G. avec AFP

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Le rassemblement était prévu place Kléber, à Strasbourg
Le rassemblement était prévu place Kléber, à Strasbourg — Wikicommons
  • La manifestation de Tchétchène prévue ce dimanche à Strasbourg a été interdite par la préfecture du Bas-Rhin. Le tribunal administratif a confirmé ce refus.
  • « L’impératif de prévention de propagation du […] ne peut être assuré lors d’un rassemblement même statique pouvant regrouper plusieurs centaines de personnes, et ce malgré l’engagement de l’association requérante […] de mettre en place un service d’ordre », a estimé le tribunal.
  • L’avocat de l’association, Me Zelimkhan Chavkhalov, a dénoncé une atteinte aux droits fondamentaux.

 

 

Il n’y aura pas de manifestation. Une association de Tchétchènes, qui voulait défiler dimanche à Strasbourg contre le « discrédit » jeté sur leur communauté à la suite des heurts de Dijon s’est vu interdire ce rassemblement par la préfecture du Bas-Rhin, une décision validée samedi par le tribunal administratif.

Saisi en référé par l’Association tchétchène d’intégration, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa requête, jugeant que cette interdiction ne constituait pas une atteinte grave à la liberté de manifester.

« L’impératif de prévention de propagation du Covid-19 […] ne peut être assuré lors d’un rassemblement même statique pouvant regrouper plusieurs centaines de personnes, et ce malgré l’engagement de l’association requérante […] de mettre en place un service d’ordre », a estimé le tribunal.

Un nombre de participants imprécis

Selon un communiqué de la préfecture, « les organisateurs ont déclaré eux-mêmes ne pas être en capacité de respecter les gestes barrière qu’impose la situation et ont été incapables d’évaluer le nombre de participants, le faisant fluctuer de 100 à 1.000 ».

L’avocat de l’association, Me Zelimkhan Chavkhalov, a dénoncé quant à lui l’atteinte aux droits fondamentaux que représente selon lui le décret du 14 juin qui instaure un régime d’autorisation de manifestation se substituant à celui de déclaration de manifestation.

« Nous ne sommes pas une communauté de délinquants »

Le rassemblement prévu dimanche après-midi place de la République à Strasbourg tendait à « dénoncer le discrédit contre la communauté tchétchène par les pouvoirs politiques et par les médias », a expliqué à la suite de la décision le président de l’association tchétchène d’intégration, Ramzan Arsanov.

A travers ce recours, « l’important pour nous était de montrer que la diaspora tchétchène en France est capable de répondre aux pouvoirs politiques tout en restant dans la légalité et prouver ainsi que contrairement à ce qu’ont pu dire certains, nous ne sommes pas une communauté de délinquants », a-t-il ajouté, en référence aux propos tenus par le maire LR de Nice Christian Estrosi.

Plainte contre Christian Estrosi

Sur BFMTV, ce dernier avait déclaré que « dans un certain nombre de quartiers de France, la communauté tchétchène, face à d’autres communautés, lutte pour avoir le monopole du marché de la drogue ». Dans une lettre ouverte adressée à l’élu, l’Association tchétchène d’intégration annonce qu’elle portera plainte pour incitation à la haine auprès du procureur de la République de Nice.

Le week-end dernier à Dijon, des membres de la communauté tchétchène avaient lancé des représailles pour se venger de l’agression d’un jeune par, selon eux, des habitants du quartier sensible des Grésilles. Ces faits ont été suivis lundi d’une démonstration de force d’hommes cagoulés dans le quartier, qui s’en sont pris à des caméras de sécurité et ont incendié des véhicules.