Arrêts à la chaîne chez Peugeot-Citroën

Ludovic Meignin - ©2008 20 minutes

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Nouveau coup de frein à l'usine PSA de Mulhouse (Haut-Rhin). La ligne de montage de la Citroën C4 sera stoppée pendant trois jours supplémentaires, du 6 au 8 janvier. La direction du site a annoncé cette décision hier à l'occasion d'un comité d'entreprise. La fabrication du modèle familial de la marque aux chevrons sera ainsi suspendue pendant un mois complet jusqu'au 8 janvier. Le personnel travaillant habituellement dans cet atelier est au chômage partiel depuis mardi dernier. Aux termes d'un accord d'entreprise spécifique, les employés permanents seront payés normalement. Ils rattraperont leurs jours de travail lorsque l'activité reprendra.

A l'image de l'ensemble de l'industrie métallurgique, le site alsacien de PSA, qui emploie environ 10 000 personnes, est victime de la mauvaise conjoncture économique. La direction affirme avoir enregistré en novembre une baisse de 14 % des ventes de voitures neuves en France, conjuguée à une chute générale du marché européen. D'où « cet ajustement supplémentaire, qui était nécessaire. Nous sommes contraints d'adapter notre production à la demande », souligne Eric Dupeyron, porte-parole de PSA Peugeot-Citroën Mulhouse. L'objectif est de ne pas augmenter les stocks actuels de véhicules.

Si la CGT ne nie pas la réalité de la crise traversée par le secteur automobile, elle propose d'autres remèdes que le recours au chômage partiel. Le délégué du syndicat sur le site, Vincent Duse, soutient qu'« il faut un plan de relance reposant sur l'augmentation du pouvoir d'achat des salariés. Il faut aussi geler les dividendes des actionnaires durant cette crise, dont les salariés n'ont pas à payer le prix. » Il souligne que « le groupe PSA a généré 733 millions d'euros de bénéfice net sur le premier semestre 2008 ». Mais il y a au moins un point sur lequel Vincent Duse est d'accord avec la direction de son entreprise : « L'année prochaine sera difficile. »