Municipales 2020 à Strasbourg : Nouvelle vague verte, alliance avec le PS, négos... A quoi va ressembler le 2e tour ?

ELECTIONS Quatre candidats sont qualifiés mais des alliances pourraient se former

Thibaut Gagnepain

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Les quatre candidats qualifiés pour le 2e tour des municipales à Strasbourg : Jeanne Barseghian, Alain Fontanel, Jean-Philippe Vetter et Catherine Trautmann.
Les quatre candidats qualifiés pour le 2e tour des municipales à Strasbourg : Jeanne Barseghian, Alain Fontanel, Jean-Philippe Vetter et Catherine Trautmann. — Montage photos N.W. et G.V.
  • Dans un mois, le 28 juin, les Strasbourgeois seront de nouveau appelés aux urnes. Le 2e tour des municipales permettra de savoir qui va succéder à Roland Ries, maire depuis 2008.
  • Quatre candidats sont en lice : l’écologiste Jeanne Barseghian, Alain Fontanel (LREM), Catherine Trautmann (PS) et Jean-Philippe Vetter (LR).
  • De quoi donner une quadrangulaire ? Pas sûr, des accords entre listes pourraient voir le jour d’ici le dépôt des listes fixé au 15 juin.

Une vague verte, le joli score de Catherine Trautmann, une très forte abstention (65,62 %) et une possible quadrangulaire… Voilà, en résumé, à quoi ressemblait le 1er round des municipales à Strasbourg. Plus de deux mois plus tard, la campagne a repris vendredi avec l'annonce de la date du 2e tour. Il aura finalement lieu le 28 juin. A quoi ressemblera-t-il ? On tente d’y voir plus clair.

Jeanne Barseghian en ballottage favorable

En tête le 15 mars avec 27,87 % des voix, la candidate EELV s’annonce comme la favorite du prochain scrutin. Jeanne Barseghian pourrait devenir la première maire écologiste de la ville, forte d’une marge non négligeable sur ses concurrents Alain Fontanel (19,86 %), Catherine Trautmann (19,77 %) et Jean-Philippe Vetter (18,26 %). Les quatre peuvent-ils repartir seuls chacun de leur côté dans un mois ? « Oui, une quadrangulaire inédite est possible mais elle serait risquée », répond Sébastien Michon, directeur de recherche au CNRS à Strasbourg. « Ceux qui ne font pas de liste commune s’exposent à une alliance de la part de leurs adversaires et donc à une potentielle défaite. » C’est pour éviter cela que des négociations ont lieu en ce moment entre les camps. Avec une personne au centre du jeu : Catherine Trautmann.

« La clé » Trautmann

Revenue sur le devant de la scène après le retrait de Matthieu Cahn mi-février, l’ancienne ministre a effectué une remontée spectaculaire avec le PS. Au point de se positionner, aujourd’hui, comme l’arbitre de ces municipales à Strasbourg. « La clé du 2e tour se situe dans son entente avec la liste de Jeanne Barseghian », confirme Sébastien Michon. « Si un accord est trouvé, l’élection sera presque jouée. » A priori, Catherine Trautmann est ouverte aux discussions. « Elles sont naturelles avec les Verts mais pas automatiques », a-t-elle encore répété vendredi, comme pour lancer les enchères. La présidence de l’Eurométropole pourrait-elle la séduire ? « C’est un rôle qui l’intéresse », confirme le directeur de recherche au CNRS, qui ne voit en revanche pas Alain Fontanel se rapprocher de l’ancienne maire de Strasbourg. « Il y a de sérieuses inimitiés entre les deux listes. » La tête de liste LREM pourrait repartir seule, ou se tourner vers le représentant LR, Jean-Philippe Vetter.

Sans alliance, Fontanel peut-il remonter ?

Pendant que Jeanne Barseghian se soignait, touchée par le Covid-19, Alain Fontanel a été en vue. En tant que premier adjoint, il a multiplié les interventions pendant cette crise sanitaire. « Les électeurs devront désigner des responsables à même de gérer la situation », répétait-il encore la semaine dernière, afin d’insister sur son expérience. Le contexte peut-il lui être favorable ? « Je ne crois pas », estime Sébastien Michon. « Le coronavirus était déjà présent dans l’esprit des électeurs au 1er tour. Aucun des candidats n’a changé à lui seul les choses donc je ne vois pas pourquoi un seul en tirerait bénéfice. » Le salut d’Alain Fontanel pourrait alors venir d’un rapprochement avec Jean-Philippe Vetter. Ce dernier a toujours répété qu’il irait « seul jusqu’au bout ». « Pour obtenir un maximum, il ne faut pas dire qu’on est déjà marié », relativise le directeur de recherche au CNRS. « Ils pourront s’entendre si ça n’aboutit pas du côté Barseghian-Trautmann car la victoire sera alors possible. Sinon, je ne crois pas que le candidat LR y aura vraiment intérêt. On verra bien. » Il ne faudra pas beaucoup de patience. Les listes doivent être déposées d’ici le 2 juin.