Déconfinement à Strasbourg : Malgré l'interdiction, 400 personnes assistent à un match de foot entre-quartiers

ABUS « Ce genre de réunion peut constituer une mini-bombe virale », alerte un médecin

T.G. avec AFP

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Entre 300 et 400 personnes se sont rassemblées dimanche au stade Paco-Matéo, dans un quartier de Strasbourg.
Entre 300 et 400 personnes se sont rassemblées dimanche au stade Paco-Matéo, dans un quartier de Strasbourg. — Capture d'écran Facebook
  • Près de 400 personnes ont assisté dimanche à un match inter-quartiers dans un stade de Strasbourg, malgré l’interdiction de rassemblement de plus de dix personnes dans l’espace public, décidée pour éviter toute propagation du coronavirus.
  • La police municipale a été alertée tardivement et a procédé à l’évacuation des lieux. Mais les élus strasbourgeois sont furieux et réclament des sanctions.
  • « C’est franchement déraisonnable. Le virus est toujours présent et ce genre de réunion peut constituer une mini-bombe virale. Restons prudents et mobilisés », a écrit sur Twitter le professeur Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

L’interdiction de se rassembler à plus de dix personnes ? Les quelque 300 à 400 personnes qui se sont réunies dimanche après-midi dans un stade à Strasbourg pour assister à un match de foot l’avaient visiblement oubliée. Au grand dam des élus.

« Une équipe de joueurs de foot du Neuhof a rencontré une équipe de Hautepierre sur un terrain dans un autre quartier », a expliqué l’adjoint aux sports de la ville Serge Oehler, confirmant une information des Dernières nouvelles d'Alsace. « On ne sait pas s’il s’agit d’équipes officielles ou de quartier » et le match avait été annoncé vendredi sur un réseau social, a-t-il ajouté.

Le Neuhof et Hautepierre sont deux quartiers sensibles de Strasbourg. « Quelqu’un devait avoir les clés » pour ouvrir le stade Paco-Matéo dans lequel se sont rassemblées « entre 300 et 400 personnes », a précisé Serge Oehler.

« Une mini-bombe virale »

« Je suis effaré par l’irresponsabilité de ces "adulescents". On a le sentiment qu’ils ne risquent rien, qu’ils se sentent forts et en pleine santé. Ils ne se rendent pas compte du cluster qu’on risque d’avoir », s’est alarmé l’adjoint aux sports, qui craint « un deuxième confinement ».

Un sentiment partagé par le professeur Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à la Pitié-Salpêtrière à Paris : « C’est franchement déraisonnable. Le virus est toujours présent et ce genre de réunion peut constituer une mini bombe virale. Restons prudents et mobilisés », a-t-il écrit sur Twitter à propos de ce match de foot sauvage.

Serge Oehler promet « des sanctions très sévères » si « des éducateurs ou licenciés de foot » sont identifiés sur les images des caméras de vidéosurveillance installées dans le quartier. Des clubs de foot ont d’ailleurs été rappelés à l’ordre ces derniers jours pour avoir organisé des entraînements et toutes les serrures des stades vont être changées, a-t-il annoncé.

Intervention de la police municipale

A Strasbourg, en raison de l’épidémie de coronavirus, les équipements de sports collectifs sont fermés, « les filets de buts de foot et les paniers des terrains de baskets ont été enlevés », a précisé l'adjoint. La police municipale est intervenue pour constater le rassemblement et « tout le monde s’est dispersé en fin d’après-midi », selon la ville. Personne n’a été verbalisé, selon les DNA.

Les mesures sanitaires liées à l’épidémie de coronavirus interdisent tout rassemblement de plus de dix personnes dans l’espace public.