Un chamois a été filmé près de Strasbourg, broutant au bord de l'eau

MYSTÈRE L'animal de montagne a été filmé le 1er mai à Schiltigheim par une caméra d'Alsace Nature

Charles Montmasson

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Ce chamois a été filmé à Schiltigheim, au bord de l'Ill (capture d'écran).
Ce chamois a été filmé à Schiltigheim, au bord de l'Ill (capture d'écran). — Alsace Nature

Lui n’était pas confiné. A 6 h 41, vendredi 1er mai, un chamois a déclenché la caméra installée par Alsace Nature dans le nord de Schiltigheim, à moins de 10 km du centre-ville de Strasbourg. Reconnaissable avec ses joues blanches et ses cornes courbées, l’animal croque une tige de saule avec ses feuilles, au bord de l’Ill, avant de repartir. Le tout a duré 12 secondes.

« Dans le cadre du travail sur la trame verte et bleue que l’on mène avec la ville de Schiltigheim, on avait posé un piège photo à cet endroit-là. C’est un appareil que l’on laisse sur place, équipé d’un détecteur de mouvement, explique Stéphane Giraud, directeur de la fédération associative Alsace Nature. En relevant les images, nous avons eu une surprise… »

D’où vient-il ?

Après la découverte d’un lynx dans le Haut-Rhin, en février, c’est un chamois qui semble s’être éloigné de son cadre habituel. En l’occurrence, la montagne. « C’est incongru de tomber sur un chamois en plaine, au bord de l’Ill, souligne Stéphane Giraud. C’est surtout le massif du Hohneck qui est concerné par la présence de l’espèce. Est-ce un animal qui était dans les Vosges du Nord, qui est descendu, qui est passé en Allemagne ? Toutes les hypothèses sont ouvertes… »

Au-delà de l’anecdote, la présence de ce chamois constitue un « joli symbole », pour le directeur d’Alsace Nature qui a constaté « des effets en cascade » du confinement sur l’environnement : « La végétation n’étant pas coupée, on a eu beaucoup plus de fleurs pollinisatrices, plus d’insectes aussi, les oiseaux n’ont pas été dérangés pour la reproduction et les animaux sortent car ils n’ont pas été effrayés par la présence humaine. »

« Ce n’est pas le moment de faire n’importe quoi »

L’occasion pour Stéphane Giraud de passer un message : « Maintenant qu’on déconfine, prudence, ce n’est pas le moment d’aller faire n’importe quoi dans les milieux naturels, parce que toutes ces espèces d’animaux, nos voisins invisibles le reste de l’année, elles sont bien là mais on ne les voit pas car notre présence est trop envahissante. »

Même dans des zones très urbanisées, comme la métropole strasbourgeoise, le directeur d’Alsace Nature insiste sur la défense de la biodiversité, notamment contre « les impacts du changement climatique ». Parmi les pistes proposées : « Remettre du végétal dans la ville, du végétal diffus, dans l’ensemble des quartiers. » De quoi s’occuper utilement en attendant le retour du chamois.