Coronavirus à Strasbourg : Des places de parking deviennent un drive de dépistage

SANTÉ Dans le quartier Danube, le laboratoire Biolia réalise des dépistages du coronavirus sur des places mises à disposition par Zenpark

Charles Montmasson

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Le prélèvement est fait par la fenêtre de la voiture.
Le prélèvement est fait par la fenêtre de la voiture. — Laboratoire Biolia Danube de Strasbourg
  • Le dépistage est depuis lundi accessible à toute personne présentant des symptômes de Covid-19, sur ordonnance.
  • A Strasbourg, dans le quartier Danube, le laboratoire Biolia a obtenu quatre places de parking pour réaliser des tests, mises à disposition par Zenpark.
  • Sur rendez-vous, les patients sont testés en deux minutes par la fenêtre de leur voiture. Le résultat est connu en vingt-quatre heures.

Réaliser 700.000 tests par semaine. Avec cet objectif du gouvernement, le dépistage du coronavirus est passé lundi d’une action ciblée à une campagne grand public. D’abord réservés aux soignants et aux personnes les plus à risque, les tests sont depuis lundi accessibles à tous ceux qui présentent des symptômes, sur ordonnance médicale.

« La demande a fortement augmenté, constate Fécel Filali, responsable du laboratoire Biolia du quartier Danube, à Strasbourg. Nous avons un drive à Schiltigheim depuis mars mais il faut multiplier les centres de prélèvement. J’ai décidé d’en ouvrir un autre en face du laboratoire. » Le pharmacien biologiste a donc contacté Zenpark, qui gère le parking Danube vert, tout proche, et a obtenu son soutien.

L’ordonnance transmise par Internet

Avec l’accord des propriétaires du parking, la société met gratuitement à disposition quatre places au laboratoire, depuis lundi. Des pass d’accès sont fournis, permettant d’organiser l’entrée et la sortie des patients. « Il fallait que je trouve un endroit hors des murs du laboratoire, explique le Dr Filali. Avec cette pandémie, nous devons innover : nous sommes face à des patients qu’il ne faut surtout pas mélanger aux autres. »

Pour limiter les risques de contamination, le patient qui vient pour être testé ne touche à rien. A son arrivée, un employé du laboratoire vérifie qu’il a bien rendez-vous et lui ouvre le parking. Les informations personnelles et l’ordonnance ont été transmises par Internet, en amont, et il ne reste plus au patient qu’à se garer sur l’une des places dédiées au dépistage.

Une enquête pour les cas positifs

« Il reste dans sa voiture, souligne le Dr Filali. Je lui fais signe, il ouvre la vitre, je vérifie son identité. Et je lui fais son prélèvement naso-pharyngé. » Le biologiste dispose d’une sorte de long coton-tige. « Ça chatouille, ce n’est pas très agréable, mais il faut aller assez profondément pour retrouver le virus », indique-t-il.

Etiqueté, le prélèvement part ensuite au laboratoire Biolia de Brumath pour être analysé. « Avec ce test PCR, on recherche le génome du virus, décrit le Dr Filali. Les résultats sont connus en vingt-quatre heures. Quand un patient est identifié positif, il y a une enquête menée par le médecin ou la caisse d’assurance maladie pour rechercher les "patients contact" de son entourage. »

Des patients sans voiture

Chaque « patient contact » est alors conduit à passer lui-même un dépistage, ce qui laisse supposer une multiplication de la demande de tests dans les prochains jours. Lundi, pour le premier jour du drive, le Dr Filali a testé cinq patients, entre 12 h 30 et 13 h 30. « Avec un rendez-vous toutes les deux minutes, on pourrait monter jusqu’à 30 patients testés en une heure. Si nécessaire, nous pouvons aussi allonger la plage horaire consacrée au drive », anticipe le responsable du laboratoire.

Ces tests sont remboursés à 100 % par la Sécurité sociale, selon la promesse du Premier ministre Edouard Philippe devant les députés, le 28 avril. A noter qu’il n’est pas obligatoire d’avoir une voiture pour se faire dépister… « J’ai eu lundi la surprise de voir arriver des patients à pied, raconte le Dr Filali. Ce n’est pas un problème du moment que l’on se trouve dans un endroit aéré, à l’extérieur du laboratoire. »

Des places gratuites pour les soignants

La société Zenpark continue, pour les jours à venir, d'offrir le stationnement au personnel soignant, même après la fin du confinement. « Beaucoup de nos clients restent actuellement en télétravail, et les soignants sont toujours au front ; ils ont besoin d'un endroit sûr pour se garer », justifie un responsable de l'entreprise.