La LGV Rhin-Rhône en route vers les rails

Philippe Wendling - ©2008 20 minutes

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Réseau ferré de France a procédé hier, à Villersexel (Haute-Saône), à l'installation d'une base de travaux pour la branche Est de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône. Sa finalité : servir à la réception et au stockage des matériaux nécessaires à la réalisation de la future liaison ferroviaire Dijon-Mulhouse. Les opérations de génie civil étant en cours d'achèvement, l'ouverture de ce centre névralgique préfigure le début de la seconde phase du chantier et la pose du premier rail, qui devrait intervenir en juin prochain. La mise en service de la ligne est, elle, programmée le 11 décembre 2011. A cette date, les trains pourront circuler à quelque 320 km/heure dans les vallées du Doubs, là où aujourd'hui ils ne dépassent guère les 100 km/h. Résultat, Mulhouse ne sera plus qu'à 2 h 25 de Lyon, contre près de 3 h 45 actuellement, et Strasbourg à 2 h 10 de Dijon contre 3 h 40 aujourd'hui. Un gain de temps qui pourrait encore être accru d'une demi-heure grâce au prolongement de la ligne à grande vitesse entre Petit-Croix (Territoire de Belfort) et Lutterbach (Haut-Rhin), distantes de 30 km. Prévu dans une tiers phase de travaux, dont le calendrier n'est pas encore fixé, il pose désormais la question de son financement.

« Aujourd'hui, nous attendons une décision politique, a expliqué hier à 20 Minutes Thierry Zettel, secrétaire général de l'association Trans Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée. Il faut que le gouvernement procède au lancement d'une étude de projet et à la mise à l'ouvrage du dossier. Une fois que cela sera fait, nous pourrons rechercher les finances nécessaires à la réalisation de cette deuxième tranche. » Son coût, estimé à 590 millions d'euros, devrait être couvert par des enveloppes conjointes de Réseau ferré de France, de l'Etat, de l'Union européenne et des collectivités francomtoises et alsaciennes.

Selon Thierry Zettel, un consensus politique régnant dans la région autour de la question, son financement ne devrait pas poser trop de problèmes. Et ce d'autant plus, que le maire Gauche moderne de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, également secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, lui a demandé hier de rédiger un mémo sur le sujet afin, vraisemblablement, de faire accélérer les choses du côté du gouvernement.