Coronavirus à Strasbourg : Roland Ries ne souhaite pas reporter le retour des enfants à l’école

CONSEIL MUNICIPAL Les dossiers de la santé, de l’école et des finances ont marqué une réunion des élus municipaux organisée sous masques, lundi à Strasbourg

Charles Montmasson

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Roland Ries, le maire sortant de Strasbourg, au conseil municipal (capture d'écran)
Roland Ries, le maire sortant de Strasbourg, au conseil municipal (capture d'écran) — Ville de Strasbourg
  • Les débats du conseil municipal, lundi à Strasbourg, étaient consacrés à la crise sanitaire et à ses conséquences.
  • Le maire sortant a exclu de reporter la rentrée des écoliers prévue le 11 mai, sauf en cas de nouveau pic d’épidémie.
  • La crise a coûté plus de 10 millions d’euros à la ville.

Par volonté « d’exemplarité », c’est avec un masque de protection sur le visage que le maire sortant, Roland Ries, a présidé ce lundi après-midi le conseil municipal de Strasbourg. « Je recommande que chacun porte un masque dès qu’il sort de chez lui », a-t-il rappelé. Plusieurs conseillers municipaux participaient à distance, et parmi les quelques conseillers présents, la plupart avaient suivi la consigne et portaient bien un masque, pour un conseil municipal bien particulier.

En effet, il y a trois mois, Roland Ries pensait vivre son dernier conseil municipal à la tête de la ville. « Cette séance aurait dû être présidée par un nouveau maire », a fait remarquer celui dont le mandat a été de fait prolongé par la crise du Covid-19. Après une minute de silence en « hommage aux personnes décédées, victimes du coronavirus », un point sur la situation sanitaire a été fait. « Nous ne sommes pas sortis de la zone de turbulence, plus que jamais il faut être vigilants », a résumé Roland Ries.

Pas de report de la rentrée scolaire

Adjoint (PS) au maire, Philippe Bies a demandé le report de la réouverture des écoles « au 2 juin, et pourquoi pas, au mois de septembre », comme le préconisait le mois dernier le conseil scientifique. L’élu s’inquiète de consignes « impossibles à mettre en œuvre avec des enfants ». Réponse de Roland Ries : « Reporter à septembre signifierait qu’il y a aurait six mois de trou » dans le parcours scolaire des enfants, avec un effet particulièrement négatif dans les milieux défavorisés.

« S’il devait y avoir un pic d’épidémie dans les jours qui viennent, il faudrait reporter. Sinon, entrons dans une nouvelle phase de confinement, plus souple, plus modérée, a enjoint Roland Ries. Je ne suis pas pour le report, ni de huit jours, ni de quinze jours, et encore moins à l’automne. » Partageant « l’attachement à la reprise économique » exprimé par Jean-Philippe Vetter (LR), le maire a rappelé la nécessité de « permettre aux entreprises de reprendre le travail, sans doute avec des précautions ».

« Nous accueillerons vraisemblablement d’abord les CM2, le 14 mai et non le 11 mai, a précisé l’adjointe à l’éducation, Françoise Buffet. La reprise des maternelles n’est pas pour l’instant envisagée.

Une prime de terrain pour les agents municipaux

Alain Fontanel, adjoint (LREM) au maire, a adressé de « sincères remerciements aux centaines d’agents qui ont travaillé pendant cette période difficile ». Par « principe de solidarité », toutes les rémunérations des agents ont été maintenues pendant le confinement, a-t-il rappelé.

« Acte de reconnaissance », une « prime exceptionnelle de terrain » sera par ailleurs versée aux agents qui « ont assuré la continuité du service public », annonce l’élu. Sont concernés : « Les agents des cimetières, de l’état civil, du CCAS, de la police municipale, de la logistique, les animatrices, animateurs et Atsem » qui assuraient notamment la garde des enfants des soignants, soit plus de 650 agents en permanence sur le terrain, décrit Alain Fontanel. Montant de la prime : 35 euros par jour de présence physique, 15 euros pour les interventions ponctuelles d’au moins trois heures. Des sommes défiscalisées jusqu’à un plafond de 1.000 euros.

10 millions d’euros de coût pour la ville

Sur le plan budgétaire, la crise sanitaire aura coûté au moins 10 millions d’euros à la ville. « Nous maintenons tous nos engagements de fonctionnement et d’investissement et nous avons des dépenses supplémentaires pour des équipements de sécurité, comme les masques, pour un montant estimé à deux millions d’euros », décrit l’adjoint (PS) aux finances Serge Oehler. A ces dépenses, il faut ajouter un manque à gagner : celui des forfaits de stationnement et de redevances de loyer sur les commerces, pour plus de huit millions d’euros. Selon l’élu, « la situation financière de base de la ville reste saine ».