Le Sida ne faiblit pas et tue toujours en Alsace

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Contre la maladie, il faut que l'Alsace se (re)mobilise. A l'image de la marche de solidarité organisée par Aides, ce soir à 18 h depuis la place Kléber, diverses actions sont organisées aujourd'hui dans le cadre de la Journée mondiale contre le sida. Et pour cause, face à la maladie « il faut se réveiller, on a parfois l'impression d'être revenu dix ou quinze ans en arrière ». La déclaration d'Armand Berthomé, délégué général de Sida info service en Alsace, traduit l'inquiétude quant à l'évolution du virus dans la région. Selon le rapport de l'Observatoire régional de la santé d'Alsace, qui porte sur 2006, il n'y a aucune tendance à la baisse du nombre de personnes découvrant leur séropositivité. Avec 55 personnes déclarées séropositives par million d'habitants, la région est même l'une des plus touchées en France. Seul l'Ile-de-France, la Provence-Alpes-Côte-d'Azur et le Poitou-Charentes dépassent le niveau alsacien. Un constat d'autant plus inquiétant que le taux s'avère être révélateur d'un relâchement des comportements préventifs. « C'est frappant, chez les jeunes, explique Armand Berthomé. Ces derniers temps, on en voit de plus en plus faire un test et découvrir qu'ils sont contaminés. C'est horrible, ils oublient de se protéger. » En 2006, environ 300 malades du sida vivaient dans la région, soit un chiffre en diminution à cause de la mortalité très importante des années précédentes. La preuve que « les trithérapies ne sont pas un remède miracle, comme beaucoup le pensent encore aujourd'hui », constate Armand Berthomé. Par ailleurs, une relative féminisation de l'épidémie apparaît dans les bilans. S'il y a dix ans, les femmes représentaient 24 % des cas de séropositivité, elles étaient près de 33 % entre 2003 et 2006.

Antoine Atlan

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