20 Minutes : Actualités et infos en direct
SANTÉDans le Bas-Rhin, un surcroît de patients en rééducation

Coronavirus dans le Bas-Rhin : Un surcroît de patients en rééducation

SANTÉ
Le nombre d’hospitalisations dues au Covid-19 continue de baisser dans le Bas-Rhin, mais le suivi des personnes peut durer plusieurs semaines
Aux urgences de l'hôpital de Haguenau (archives).
Aux urgences de l'hôpital de Haguenau (archives). - HARTMANN CHRISTIAN/SIPA
Charles Montmasson

Charles Montmasson

L'essentiel

  • Dimanche, 1.846 personnes étaient hospitalisées en Alsace à cause du coronavirus, soit 119 de moins sur une semaine.
  • Dans le Bas-Rhin, le nombre de cas en réanimation a fortement baissé, passant de 205 à 169.
  • La prise en charge de personnes en soins post-hospitalisation reste, elle, à un niveau élevé, rapporte la direction de l’hôpital de Bischwiller.

Une vague, un pic… Fin mars, début avril, l’afflux des malades avait mis sous pression les services d'urgence et de réanimation des hôpitaux alsaciens. Depuis, la situation s’est améliorée, avec 910 personnes hospitalisées à cause du Covid-19 dans le Bas-Rhin dimanche, contre 1.008 il y a une semaine et 1.102 il y a deux semaines.

Particulièrement critique, le nombre de personnes placées en réanimation a continué de baisser dans le département, passant de 205 à 169 en une semaine. « Nous avons moins d’hospitalisations, donc moins de tension sur les lits de médecine et de réanimation », confirme Camille Apffel, directrice adjointe de la coopération hospitalière Nord Alsace, organisée autour de l’hôpital de Haguenau, au nord de Strasbourg.

Moins de besoins en réanimation

De 17 lits en réanimation avant l’épidémie, l’établissement était monté à 33 lits au plus fort de la crise. La salle de réveil post-opératoire avait, pendant plusieurs jours, été transformée en deuxième salle de réanimation. Pour éloigner le risque de saturation, quelques patients ont été transférés en Suisse et dans le sud de la France.

Les capacités d’accueil en réanimation ont, depuis, été ramenées à 23 lits, dont 6 pour d’autres pathologies que le Covid. Pour autant, la vague n’est pas passée pour tous les services hospitaliers. « Des établissements constatent une stabilité voire une légère augmentation du nombre de patients », décrit Camille Apffel. Associé à l’hôpital de Haguenau, l’hôpital de Bischwiller, spécialisé dans les soins gériatriques, est dans ce cas.

Une rééducation nécessaire

« Depuis le week-end de Pâques, l’établissement a vu le nombre d’admissions s’accroître dans ses services d’hospitalisation dédiés majoritairement à la prise en charge de personnes contaminées par le coronavirus, témoigne la directrice déléguée de l’hôpital de Bischwiller, Magaly Haeffele. Ce sont 30 lits du court séjour gériatrique et 58 lits du service soins de suite et de réadaptation qui sont adaptés à la prise en charge des patients atteints du Covid-19. »

Nombre de ces patients avaient été hospitalisés à Haguenau et ne peuvent pas sortir directement. « Les temps d’hospitalisation sont plus longs quand on fait de la rééducation, surtout en gériatrie, précise la directrice déléguée. Les patients ont subi une fonte musculaire ; la rééducation et la kinésithérapie peuvent être nécessaires pour qu’ils récupèrent leur autonomie. »

De nouvelles urgences

Deux semaines à un mois de soins supplémentaires peuvent être nécessaires à ces patients particulièrement âgés, qui sortent pour certains de réanimation. Et le confinement n’aide pas à ce qu’ils puissent rentrer chez eux. « Il ne faut pas oublier qu’il y a un manque de professionnels à domicile en ce moment et que les aidants, les autres membres de la famille, ne peuvent pas non plus sortir », fait remarquer Camille Apffel.

A l’hôpital de Haguenau, un autre phénomène montre qu’on est loin d’un retour à la normale : « A force d’attendre, des pathologies se sont aggravées, liées à l’état de santé des gens qui n’ont pas voulu venir à l’hôpital par peur du Covid : des problèmes cardiaques, de diabète, etc. », témoigne la directrice adjointe. Pour l’instant, seules les interventions chirurgicales « urgentes et semi-urgentes » sont effectuées, il faudra attendre « les orientations nationales de déconfinement » pour le retour des opérations programmées. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas consulter de médecin.

Sujets liés