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SANTÉEn Alsace, la pression sur les hôpitaux diminue

Coronavirus en Alsace : Moins de malades, donc moins de pression sur les hôpitaux

SANTÉ
La baisse du nombre de malades soulage les hôpitaux alsaciens, mais la mobilisation reste exceptionnelle
Une unité de soins post-réanimation
respiratoire a été créée à l'hôpital de Mulhouse.
Une unité de soins post-réanimation respiratoire a été créée à l'hôpital de Mulhouse. - PATRICK HERTZOG / AFP
Charles Montmasson

Charles Montmasson

L'essentiel

  • Sur une semaine, on comptait dimanche en Alsace 164 personnes hospitalisées de moins (-79 en réanimation).
  • Une baisse constatée dans les services hospitaliers, où le risque de saturation s’éloigne.
  • Pour autant, l’activité reste au-dessus du niveau habituel et les établissements restent vigilants.

L’Alsace comptait dimanche 1.965 personnes hospitalisées à cause du Covid-19, dont 324 en soins intensifs ou réanimation. Un nombre impressionnant, mais qui a nettement diminué sur une semaine, repassant sous la barre des 2.000 hospitalisations.

Donnée clé pour les hôpitaux, le nombre de patients en réanimation a également baissé, libérant 84 places sur une semaine. Dans le Haut-Rhin, les hôpitaux ont pu commencer ces derniers jours à réduire la voilure, profitant de cette amélioration après un pic très éprouvant.

L’état du député Jean-Luc Reitzer s’est amélioré

L’hôpital de campagne installé par l’armée à Mulhouse a ainsi diminué sa capacité, passant de 28 à 14 lits de réanimation. Le groupe hospitalier de Mulhouse faisait état vendredi de sept places disponibles en réanimation sur 76, avec un risque de saturation qui continue de s’éloigner.

Après avoir été pris en charge en réanimation à l’hôpital de Mulhouse, le député du Haut-Rhin Jean-Luc Reitzer n’est « plus intubé » et « son état s’améliore » selon une note interne des députés LR, citée par Le Figaro. Sa collaboratrice parlementaire a confirmé à 20 Minutes un « léger mieux » mais invite à « rester prudent ».

Un appel aux infirmiers et aux aides-soignants

L’hôpital de Mulhouse a maintenant besoin de « renforts » explique la directrice de la communication, Aline Winninger. A cause de la fatigue et des arrêts maladies, l’établissement reste « en recherche d’infirmières et d’aides-soignants » pour compléter les effectifs. Une unité de soins post-réanimation respiratoire de 11 lits a été montée pour le suivi des patients qui sortent de soins intensifs.

A l’hôpital de Colmar, « on travaille toujours beaucoup, mais on a nettement moins de malades Covid en réanimation », témoigne le docteur Jean-François Cerfon, chef de l’une des trois unités de réanimation de l’établissement, qui commence « à revoir d’autres malades ».

La question du déconfinement

Au plus fort de l’épidémie, les personnes qui présentaient d’autres pathologies avaient en effet été prises en charge dans une salle de réveil transformée en salle de réanimation. Elles commencent à revenir dans les unités habituelles. Un retour à la normale progressif : pour l’instant, seules les opérations chirurgicales urgentes sont pratiquées. Soulagé de la « très nette diminution » des demandes en réanimation pour des patients atteints du coronavirus, le Dr Cerfon est maintenant dans l’attente « de voir ce que donnera le début de levée de confinement », redoutant d’autres « petits pics » éventuels de l’épidémie.

Par ailleurs président du conseil de l’Ordre des médecins du Haut-Rhin, le Dr Cerfon appelle à « maintenir la liaison avec l’Allemagne » qui a été établie avec le transfert de dizaines de patients. « En Alsace, au début de l’épidémie toutes les ambulances, se sont orientées vers Strasbourg, Mulhouse et Colmar. En cas de nouvelle urgence, il faudrait voir si on pourrait envoyer tout de suite une partie des victimes vers l’Allemagne pour éviter des arrivées aussi nombreuses sur quelques sites », détaille-t-il.

En attendant, plusieurs patients transférés dans d’autres hôpitaux sont maintenant revenus à Colmar. « Ils sont extrêmement fatigués et mettent du temps à récupérer, en pneumologie ou dans des unités Covid », décrit le Dr Cerfon.

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