Strasbourg : Extinction Rebellion revendique les fausses affiches annonçant l’annulation de l’ouverture du magasin Primark

FAKE Extinction Rebellion et ANV-COP21 revendiquent les fausses affiches mises dans des panneaux publicitaires JCDecaux annonçant l’annulation de l’ouverture du Primark à Strasbourg

Gilles Varela

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Une des fausses affiches annonçant l'annulation de l'ouverture du magasin Primark. . 
Capture d'écran de la page Facebook La Coopérative Sociale, Écologique et Citoyenne. Strasbourg le 22 février 2020.
Une des fausses affiches annonçant l'annulation de l'ouverture du magasin Primark. . Capture d'écran de la page Facebook La Coopérative Sociale, Écologique et Citoyenne. Strasbourg le 22 février 2020. — La Coopérative Sociale, Écologique et Citoyenne. Facebook
  • De fausses affiches ont indiqué samedi à Strasbourg l’existence d’un périmètre de sécurité pour la sauvegarde du commerce de proximité.
  • Ces affiches indiquent faussement l’annulation de l’ouverture du magasin Primark dans le centre-ville.
  • Utilisant le logo, le code couleur, les coordonnées de la ville, ces fausses affiches ont été placées dans des panneaux publicitaires JCDecaux.
  • L’adjoint aux commerces de Strasbourg, Paul Meyer, pense à une « action militante » dans un contexte de campagne électorale pour les municipales.

EDIT : Extinction Rebellion et ANV-COP21 revendiquent les fausses affiches sur l’annulation de l’ouverture du Primark à Strasbourg.

Fin du « mystère ». Dans un communiqué mardi soir, le collectif Extinction Rebellion et ANV-COP21 ont revendiqué les fausses affiches sur l’annulation de l’ouverture du Primark à Strasbourg. Leur intention ? Une action de communication pirate qui « visait à dénoncer la complaisance de l’Eurométropole et de la ville de Strasbourg à l’égard de l’installation sur leur territoire d’un géant de la mode jetable tel que Primark. »

Selon les activistes, un autre modèle pourrait être soutenu par la ville et l’Eurométropole de Strasbourg. Ils proposent de « bannir les grandes enseignes pour favoriser les commerces à taille plus humaine et ainsi créer de l’emploi local et durable » et de citer en exemple « Emmaüs, qui depuis plus de 15 ans à Mundolsheim et partout en France, mais également Oxfam à travers sa boutique solidaire, et les nombreuses friperies de Strasbourg. »

Une opération pirate rondement menée

C’était donc bien faux, même si cela pouvait laisser penser à un message publicitaire ou d’information de la ville. Samedi, près d’une dizaine d’affiches ont en effet surpris les Strasbourgeois. On pouvait y lire : « Périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité », « Annulation de l’ouverture de Primark », (un magasin de vêtements bon marché). Ou bien encore le lancement d’un « appel à projet pour 7.000 m2 », au profit de « l’économie sociale et solidaire ».

Utilisation du logo de la ville, code couleur, le tout sur des affiches positionnées dans les panneaux d’affichages JCDecaux. Des panneaux qui nécessitent pourtant une clé spéciale pour être ouverts… Pour paraître "officiel", les coordonnées réelles de la ville et même son logo « capitale européenne de l’économie solidaire » étaient indiqués… De quoi semer le doute…

Une fausse information, confirme la ville. Mais forcément commentées sur les réseaux sociaux, parfois même par des élus strasbourgeois, dans un contexte de campagne électorale pour les municipales. L’occasion probablement de relancer la thématique sur la protection des commerces de proximité du centre-ville, notamment face à l’implantation de grosses franchises ou bien de l’extension de la zone commerciale nord.

« Un acte militant qui s’inscrit dans la campagne municipale »

Contacté, Paul Meyer, adjoint au maire en charge du commerce, confirmait le jour même que « la ville n’y est évidemment pour rien ». Pour l’élu, c’était déjà une certitude : « C’est un acte militant qui s’inscrit dans la campagne municipale. » Paul Meyer expliquait dimanche ne « pas comprendre cette campagne d’affichage, ni sur la forme ni sur le fond. Concrètement, qui visent-ils ? », s’interroge l’élu d’autant plus qu’il est à l’initiative du projet de périmètre de sauvegarde. « Je ne comprends pas, surtout que la proposition n’a pas été adoptée par le conseil municipal après l’opposition d’élus Verts et du PS, rappelle Paul Meyer. Le périmètre de sauvegarde n’est donc pas effectif et il n’aurait « pas eu pour but, de toute façon, d’empêcher l’ouverture du Primark. Mais de mieux réguler l’arrivée de grands groupes avec un travail fait en amont, pour les orienter plutôt vers les centres commerciaux par exemple. »

Des suites judiciaires ? Cette décision revient au maire, explique l’élu, qui confie toutefois « de manière générale, ne pas être favorable à ce que l’on criminalise plus qu’il n’en faut les actes militants quand le trouble n’est pas d’une gravité excessive ». Mais aussi de reconnaître que cette fausse annonce a pu créer « des inquiétudes chez des salariés qui s’attendent à voir l’enseigne ouvrir. Je ne défends pas ce genre de pratiques, ce n’est absolument pas correct ! »

Que les personnes en formation ou qui s’apprêtent à travailler pour le magasin Primark de Strasbourg se rassurent donc, l’enseigne ouvrira prochainement ses portes, même si aucune date officielle n’a encore été communiquée…