Municipales 2020 à Strasbourg : Quand la question de la gratuité des transports prend le tram de la campagne

POLITIQUE Les candidats aux municipales ont des idées bien différentes sur la gratuité des transports en commun strasbourgeois

Gilles Varela et Nils Wilcke

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Tramway dans Strasbourg.
Tramway dans Strasbourg. — G. VARELA / 20 MINUTES
  • La question de la gratuité dans les transports en commun s’invite dans la campagne municipale.
  • Jugée « trop chère » par une commission de travail à l’automne dernier, l’idée d’une gratuité totale n’est pas vraiment à l’ordre du jour des différents programmes de campagne.

Et si les transports en commun devenaient gratuits à Strasbourg ? L’idée peut séduire mais elle a été jugée trop chère il y a quelques mois par une commission de travail de l’eurométropole. En clair, il fallait compenser le manque à gagner de 50 millions que représentent actuellement les recettes. Débat clos ? Non, il s’invite dans la campagne des municipales.

Alain Fontanel s’est exprimé ce jeudi sur la question. Le candidat LREM écarte la gratuité mais fait prévaloir l’offre de service. Il propose que les trams, les bus à haut niveau de service ainsi que dix lignes structurantes de bus restent ouverts jour et nuit, sept jours sur sept, avec une fréquence de passage de deux trams par heure pendant la nuit. La tarification solidaire sera maintenue et un dispositif de « paiement malin », déjà en place à Nantes ou à Brest, permettra d’obtenir la tarification la plus juste.

Des propositions qui vont dans le sens de François Giordani, de l’Association des usagers des transports urbains de l’agglomération strasbourgeoise. L’Astus n’est pas non plus favorable à la gratuité totale. « Nous préférons que les gens les plus précaires bénéficient de la tarification solidaire. Encore faut-il que les seuils de la grille soient rehaussés en tenant compte du coût de la vie », insiste-t-il.

Pour inciter à prendre les transports en commun

Un peu de gratuité ? L’écologiste Jeanne Barseghian la propose pour les moins de 18 ans et les moins de 25 ans qui n’ont pas de ressources. « C’est une bonne idée qui permet d’habituer les jeunes à prendre les transports communs », se félicite François Giordani.  Au PS, Catherine Trautmann promet également la gratuité pour les moins de 18 ans, et l’étendra aux plus de 65 ans.

De son côté, Jean-Philippe Vetter prêche pour la gratuité partielle, c’est-à-dire le dimanche pour tout le monde. « La gratuité amènerait de nouvelles personnes dans des rames déjà bondées aux heures de pointe. Ce n’est pas l’image que l’on veut donner des transports en commun », explique la tête de listes LR. « Nous voulons des transports de bonne qualité, qui engendre une qualité de service. Avec l’entrée libre dans les musées, cela permettrait de créer une dynamique familiale et des sorties culturelles le dimanche. » Un bon point pour Astus qui souligne que « cela permet de capter une population qui a tendance à reprendre la voiture le dimanche. »

La gratuité totale ? C’est du côté de la candidate Chantal Cutajar qu’il faut la trouver à condition d’avoir « une configuration spéciale de certains wagons dans les trams circulant tôt le matin, avec des transports de marchandises mais aussi de scolaires ». Enfin, Kevin Loquais (LFI, Generation. S) souhaite d’abord « une tarification dégressive jusqu’à la gratuité sur des critères sociaux et fiscaux et pour les mineurs puis tendre vers la gratuité totale d’ici la fin du mandat. »

A Strasbourg, une tarification solidaire a déjà été mise en place. Un abonnement mensuel est accessible dès 3,40 euros par mois.