Municipales 2020 à Strasbourg : Au cœur de la cité, l'arbre est l'objet de toutes les surenchères

MUNICIPALES 2020 Pour lutter contre les îlots de chaleur, la plantation d’arbres et les espaces verts sont au cœur des projets des candidats

Gilles Varela

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Chaleur à Strasbourg le 26 juin 2019.
Chaleur à Strasbourg le 26 juin 2019. — G. VARELA/20 MINUTES
  • Des candidats aux élections municipales comptent remédier aux îlots de chaleurs.
  • Plantation d'arbres, espace vert, baisse de l'urbanisation, les solutions proposées par les candidats sont souvent communes aux différents projets. 

Ce n’est pas nouveau. Avec les beaux jours naissent les îlots de chaleur qui plombent souvent le centre-ville et font naître critiques et rancœurs : minéralisation des places, des quais, « bétonisation » intensive aux abords des grandes avenues, arbres qui disparaissent de l’espace public… Une problématique qui s’invite avec évidence dans la campagne municipale, tant les candidats sont unanimes sur la question. S’ils font souvent les mêmes propositions, ils poussent en revanche le curseur plus ou moins loin…

Mais le vrai dénominateur commun des candidats pour lutter contre ces îlots de chaleur, ce sont les arbres (de toutes les essences) et la végétalisation des toits, des façades, des rues. C’est presque la surenchère. Quand Mathieu Cahn (PS) en propose 50.000 supplémentaires sur un mandat, Jean-Philippe Vetter (LR) s’inspire du projet « Green city » de Milan avec ses 3 millions d’arbres sur 10 ans et en propose 500.000 pour la décennie à venir dans l’eurométropole. Pas de chiffre pour Alain Fontanel qui propose « un plan Canopée pour mettre l’arbre au cœur de la cité ». Il précise cependant que tout arbre coupé devra être compensé par la plantation de deux arbres.

Des espaces verts

Des espaces verts supplémentaires pour lutter contre les îlots de chaleur ? Pas vraiment une surprise non plus. Tous les candidats en proposent. Alain Fontanel (LREM) envisage ainsi un nouveau parc du côté du quartier gare et de la presqu’île Citadelle, en ayant pour objectif d’avoir un îlot de nature à moins de 300 mètres de chaque habitant. Tout comme l’écologiste Jeanne Barseghian qui veut un espace vert accessible en moins de 5 minutes. Espaces verts également pour Jean-Philippe Vetter, et intra muros, quand Hombeline du Parc s’attache « à protéger contre l’insécurité les jardins familiaux, ces zones de fraîcheurs »…

Le candidat (LREM) Alain Fontanel propose de déployer « un bouclier vert » pour encadrer l’urbanisme. En clair, ralentir le rythme des constructions « pour développer de nouveaux espaces verts ». L’écologiste Jeanne Barseghian souhaite, elle, « lancer un plan massif de déminéralisation des espaces publics » et s’engage à respecter le principe de « zéro consommation foncière nette ». Comprendre que toute minéralisation d’espace sera compensée. Jean-Philippe Vetter (LR) propose directement de donner un « coup d’arrêt à la bétonisation », « la fin de la surdensification de la ville » et de « créer de nouveaux parcs verts, intra muros. » Pour peu qu’il reste du terrain disponible dans la ville, souligne Hombeline du Parc (RN) qui s’interroge et se demande « pourquoi, dès qu’une zone devient habitable » elle voit fleurir un projet immobilier au lieu d’un espace vert pour les habitants…

Chaleur à Strasbourg le 26 juin 2019.
Chaleur à Strasbourg le 26 juin 2019. - G. VARELA/20 MINUTES

Du vert à l’école aussi. Alain Fontanel (LREM) propose « des cours d’écoles transformées en cours oasis avec des potagers et des vergers pédagogiques », Mathieu Cahn propose de les transformer en jardins ouverts.

Arbres, déminéralisation, constructions respectueuses de l’environnement, espaces, verts… Pas de doute, l’ombre des élections plane sur les îlots de chaleur…