Comment le Bastion social tente de se réimplanter sous un autre nom à proximité de Strasbourg

SOCIETE Le Bastion social fait son retour non loin de Strasbourg, à Ostwald. Une installation qui déplaît au maire de la commune

Nils Wilcke

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Le local bar  Arcadia. Bastion social à Strasbourg le 23 janvier 2018 (Photo d'illustration).
Le local bar Arcadia. Bastion social à Strasbourg le 23 janvier 2018 (Photo d'illustration). —
  • Le groupe d’ultra-droite Bastion Social, dissous en avril dernier en conseil des ministres, refait parler de lui en Alsace depuis fin septembre.
  • Rebaptisé Vent d’Est, le mouvement a loué un local sur la commune d’Ostwald.
  • Sollicité par 20 Minutes, le maire d’Ostwald invite le propriétaire à résilier le bail du mouvement d’ultra-droite.

Le Bastion social fait son retour dans le secteur de Strasbourg. Ce groupe d’ultra-droite, dissous en avril dernier en conseil des ministres, refait parler de lui en Alsace depuis fin septembre. Le mouvement, accusé d’appeler à la haine, aux discriminations et aux actions violentes, a d’abord fait sa réapparition sur les réseaux sociaux. En réactivant ses anciens comptes Twitter et Instagram, rebaptisés Vent d’Est. Puis en annonçant avoir loué un local, à Ostwald, comme l’a révélé le site Rue89 Strasbourg.

Contacté par 20 Minutes, le maire d’Ostwald Jean-Marie Beutel confirme l’arrivée du groupuscule sur le territoire de sa commune. Très sollicité par les médias pour parler de ces nouveaux venus, qui ne sont « pas désirés », selon ses propres mots. « Sous couvert d’activités sociales, en lien avec des personnes précaires en situation de fragilité, c’est un mouvement qui ne reflète pas nos valeurs », précise-t-il.

Le maire invite le propriétaire à résilier le bail

Maraudes, soutien aux agriculteurs, ramassage de déchets sur les rives du Rhin… Vent d’Est communique sur ses actions en apparence sociales sur les réseaux. Par ailleurs, le mouvement aurait loué un ancien fortin dans la zone d’activité de la commune sur « une fausse déclaration » à un entrepreneur local, selon l’édile. Le groupuscule avait déjà tenté de s’installer illégalement dans deux maisons dans le village d’Entzheim l’année dernière, avant d'en être expulsé par les gendarmes.

L’un des anciens locataires du lieu, qui l’occupait pour faire de la musique, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. « Cette histoire nous incommode fortement », se borne-t-il à indiquer. Reste que le groupuscule pourrait bientôt devoir plier bagages. Le maire a l’intention de faire « contrôler les lieux par les services de police et des huissiers ». « Ce n’est pas un lieu conçu pour accueillir du public », précise-t-il. Il invite par conséquent le propriétaire à résilier le bail.