Strasbourg : On a suivi l'exercice de simulation d'une attaque terroriste au stade de la Meinau

SIMULATION Et si des terroristes sévissaient en plein match au stade de la Meinau ? C'était le scénario de l'exercice mercredi

Thibaut Gagnepain

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Les pompiers sortent des victimes gravement touchées sur brancards.
Les pompiers sortent des victimes gravement touchées sur brancards. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Un grand exercice de sécurité était organisé ce mercredi au stade de la Meinau à Strasbourg. Plus de 800 personnes étaient sur place.
  • Le but ? Simuler une attaque terroriste afin de voir les réponses des différents services mobilisés.
  • Nous avons suivi l’opération… et il y a malheureusement des (fausses) victimes.

L’alarme vient de retentir. Plusieurs colonnes de policiers, équipés façon GIGN, pénètrent dans l’enceinte du stade de la Meinau. Ce n’est qu’un exercice mais tous les personnels mobilisés, près de 500 ce mercredi après-midi, font comme si. Comme si une attaque terroriste venait de se produire en plein match.

Il est 14h35, les policieres pé,ètrent dans l'enceinte du stade de la Meinau. Une attaque terroriste vient d'avoir lieu. C'est un exercie mais ils le prennent très au sérieux.
Il est 14h35, les policieres pé,ètrent dans l'enceinte du stade de la Meinau. Une attaque terroriste vient d'avoir lieu. C'est un exercie mais ils le prennent très au sérieux. - T. Gagnepain / 20 Minutes

Le scénario ? Il a lieu le soir du derby RC StrasbourgFC Metz. En début de deuxième période, un assaillant équipé d’un couteau a fait plusieurs victimes dans la tribune Est famille et tente de rejoindre les autres assaillants en tribune sud, qui brandissent eux des armes à feu. Ils doivent se retrouver dans un salon VIP, où ils se confineront avec des otages.

Même les pompiers n’ont pas le droit d’entrer

Le PC sécurité du stade, où des policiers et secours officient à chaque vrai rencontre de rencontre de Ligue 1, ont déjà donné l’alerte. Dans les haut-parleurs, des messages retentissent. En anglais et en français. « Attention, attention, pour des raisons techniques, nous vous demandons de quitter le bâtiment par la sortie la plus proche. »

Des policiers aux abords du stade en attente que les terroristes soient neutralisés
Des policiers aux abords du stade en attente que les terroristes soient neutralisés - T. Gagnepain / 20 Minutes

Les forces de l’ordre ont maintenant investi les tribunes et impossible de voir ce qu’il s’y passe. Leur périmètre d’intervention est classé « zone d’exclusion » et même les secouristes n’ont pas l’autorisation d’y pénétrer. Ils l’auront une vingtaine de minutes plus tard, eux aussi dotés d’équipements balistiques et accompagnés par des policiers.

Les premiers blessés, joués par 300 élèves infirmières ont, eux, déjà réussi à quitter le stade. Certains, touchés, ont immédiatement pris en charge par des soigneurs du Smur et de la Croix Rouge. A chaque match, ils sont une soixantaine sur place.

Des premières victimes, légèrement touchées, ont pu sortir du stade. Elles sont soignées à proximité du stade.
Des premières victimes, légèrement touchées, ont pu sortir du stade. Elles sont soignées à proximité du stade. - T. Gagnepain / 20 Minutes

Pendant ce temps-là, les pompiers entrent peu à peu dans les tribunes, brancards sous l’épaule. Avant de faire le chemin retour avec les premières victimes. Elles seront ensuite transportées soit directement l’hôpital pour celles en urgence absolue, soit vers un poste médical avancé. Celui-ci a été établi dans le gymnase qui jouxte le centre d’entraînement du Racing, à quelques centaines de mètres du stade.

Deux types de victimes

Là-bas, c’est l’ébullition. Chaque patient reçoit un bracelet avec un QR code qui lui permettra d’être comptabilisé et surtout suivi. Les médecins s’affairent au sol, en fonction de la gravité des blessures. Des couvertures de survie ont largement été distribuées et protègent les victimes physiques. D’autres ont été choquées par les événements. Elles sont accueillies dans un autre bâtiment un peu plus loin. Au « centre d’accueil des impliqués », où il sera possible de parler de cette épreuve.

Au poste médical avancé, c'est l’ébullition. Les victimes sont soignées.
Au poste médical avancé, c'est l’ébullition. Les victimes sont soignées. - T. Gagnepain / 20 Minutes

Voilà maintenant plus de deux heures que le faux attentat a débuté et l’opération de sécurisation est terminée à l’intérieur du stade. Trois terroristes ont été abattus et un dernier interpellé. Le directeur de cabinet du préfet du Bas-Rhin, Dominique Schuffenecker, annonce « une centaine de victimes à cette heure ». Les secours sont encore à pied d’œuvre pour en sauver, même si l’exercice semble terminé.

Les différentes forces mobilisées (police, pompiers, samu) l’avouent : « Il y a encore beaucoup de choses à améliorer mais ça nous a permis de voir comment on se coordonne dans un lieu susceptible d’être touché par une tuerie de masse. »