« Strasbourg mon amour », une opération de plus en plus commerciale, de moins en moins romantique ?

SAINT VALENTIN L’opération « Strasbourg mon amour », si romantique soit-elle, s’annonce surtout comme une belle réussite commerciale

Gilles Varela

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«Strasbourg, mon Amour». (Illustration)
«Strasbourg, mon Amour». (Illustration) — G. Varela / 20 Minutes
  • Après le marché de Noël, la Saint-Valentin s’apprête à se répandre dans les rues strasbourgeoises.
  • L’occasion pour l’office de tourisme de Strasbourg d’attirer les touristes avec son opération de séduction « Strasbourg mon amour ».
  • L’occasion surtout de « lisser la fréquentation touristique sur l’année » et de combler une période creuse.

Si à Strasbourg février est amour, il est aussi une fête commerciale rondement menée. Présentée officiellement jeudi, cette huitième édition de "Strasbourg mon amour", où la Saint-Valentin « dure dix jours » (du 7 au 16 février), pourrait de nouveau attirer plus de 30.000 visiteurs, comme ce fut le cas l’année dernière, dont 20 % de visiteurs extérieurs à l’Alsace. Et pour cela, tous les intervenants culturels, les restaurateurs et les hôteliers partenaires ou encore les organisateurs événementiels ont mis les petits plats dans les grands.

La programmation, organisée par l’agence Passe Muraille, est en effet variée et de qualité : Orchestre philharmonique de Strasbourg, Opéra national du Rhin, compagnies de théâtre…. A croire aussi, à la lecture de la programmation, que tout ou presque est prétexte à l’amour… Une sorte de braderie ?

Une opération qui trouve son public

Un évènement qui, en attendant, fait monter aux murs le pourcentage de nuitées dans « les hôtels de l’Eurométropole, avec plus de 130 % d’augmentation », a expliqué le maire strasbourgeois Roland Ries. Même s’il faut tempérer ce succès hivernal exprimé en pourcentage, habituellement bas en cette saison. Mais peu importe, l’opération fonctionne comme en témoigne l’offre SNCF « Partez à 2, payez pour 1 » qui connaît un succès bien réel et a permis en quelques jours promotion de vendre plus de 3.000 billets pour cette période. Car le public est là.

Sous le Magic Mirror du festival Strasbourg mon amour, lancé vendredi 9 février 2018.
Sous le Magic Mirror du festival Strasbourg mon amour, lancé vendredi 9 février 2018. - Philippe de Rexel / OTSR.

Ce dernier va pouvoir profiter d’une centaine d’évènements. Si la quasi-majorité est gratuite au Café des amours, point central de l’évènement dressé place Kléber, nombreux aussi sont ceux pour qui vont devoir ouvrir leur bourse. Mais peu importe, cela est bien connu, en amour, quand on aime, on ne compte pas. Rien de surprenant cependant, le projet porté par l’office de tourisme de Strasbourg a pour but, depuis son origine, d’attirer les touristes dans une période creuse, « afin de lisser sur l’année la fréquentation touristique », rappelle l’adjoint au maire en charge du tourisme Paul Meyer. Un projet accompagné et soutenu par l’Eurométropole, la ville et la région, qui contribuent à hauteur de plus de 200.000 euros au financement de l’évènement, sur un budget total de 500.000 euros. La différence étant financée par les partenaires, dont certains proposent aussi des animations.

Un festival qui est également l’occasion aussi de prendre ses distances avec un marché de Noël à peine remballé. Et de viser plus facilement un tourisme prêt à rester plus longtemps avec surtout un plus grand pouvoir d’achat, comme le souligne Paul Meyer : « Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Ce n’est pas fait pour un tourisme de masse, nous visons les visiteurs qui s’intéressent au patrimoine et à la culture », martèle l’élu.

Et que ceux qui n’ont pas l’opportunité de venir partager l’amour à Strasbourg se consolent : reste en effet la Love Map, une initiative strasbourgeoise pour donner de la visibilité à l’opération et reprise par d’autres villes : une carte interactive sur Internet qui répertorie tous les témoignages, les histoires d’amour à Strasbourg. Pour toujours…