Strasbourg : Récit d'une journée de commémoration, un an après l'attentat

HOMMAGE La cérémonie officielle a débuté ce mercredi place de la République et s'est achevée dans la solennité dans l'enceinte de la cathédrale de Strasbourg

Florian Bouhot

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Les cierges de la cathédrale de Strasbourg allumés en hommage aux victimes.
Les cierges de la cathédrale de Strasbourg allumés en hommage aux victimes. — Florian Bouhot / 20 Minutes

Les premières bougies et les premiers bouquets de fleurs ont été déposés dès la matinée. À Strasbourg, la date du 11 décembre était dans toutes les têtes depuis quelques jours déjà. Un an après l’horreur, la ville a rendu hommage officiel à ceux qu’elle a perdus lors de l'attentat. Le premier temps de recueillement public a débuté sous des trombes d’eau, en présence d’élus et de quelques dizaines de Strasbourgeois.

Il était près de 15h, sur la place de la République. Les familles ont d’abord planté un chêne, connu pour être « l’arbre de la vie ». Elles ont ensuite, à plusieurs voix, entamé la lecture d’un texte d’un ton ému et solennel. Le froid et la blancheur du ciel se sont chargés d’ajouter une touche de sobriété supplémentaire à un moment qui l’était déjà par essence.

« Le 11 décembre ne sera jamais la date de la haine »

« Ce mardi 11 décembre 2018, en l’espace de quelques secondes, nous étions plongés dans la sidération et l’horreur », s’est souvenu Roland Ries, pour qui la République symbolise « des valeurs que le terroriste a voulu profaner ». C’était ensuite à Christophe Castaner de s’exprimer. "Un an est passé et nos cœurs sont lourds, encore lourds, a-t-il déclaré, avant d’égrener le noms des victimes de l’attentat.

Mais le ministre de l’Intérieur l’a assuré : « Le 11 décembre ne sera jamais la date de la haine mais la date du souvenir, du courage, de la solidarité ». Un souvenir matérialisé par une stèle en verre, inaugurée pour ce premier anniversaire, que les familles ont entourée de bougies. Des chants, interprétés en chœur par des enfants, sont venus clore cette première partie de la cérémonie.

Un cœur de bougies

En soirée, les familles et les élus ont rejoint d'autres Strasbourgeois dans l’enceinte de la cathédrale de Strasbourg. Un lieu choisi pour son « symbolisme » et son « universalité », où ont alterné chants, intermèdes musicaux et prises de parole poignantes. Comme celle du chauffeur de taxi qui a conduit le terroriste au Neudorf après l'attentat : « Aujourd'hui, je ne suis ni Marocain, ni musulman, ni Français. Je ne suis qu'un être humain. Et c'est cette humanité qui doit nous rassembler ».

À 19h45, toutes les cloches de l'Eurométropole se sont mises à sonner. Le moment choisi par le maître de cérémonie pour inviter chaque Strasbourgeois présent dans la cathédrale à venir illuminer les bougies d'un immense cœur en bois. Un ultime hommage aux victimes en forme de message de paix.