VIDEO. Cimetière juif profané en Alsace : Macron dénonce « l’antisémitisme », Castaner attendu sur place

HAINE Le ministre de l’Intérieur doit se rentre à Westhoffen mercredi, où une centaine de tombes ont été couvertes de croix gammées

20 Minutes avec AFP

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Le cimetière de Westhoffen profané.
Le cimetière de Westhoffen profané. — Préfecture du Bas-Rhin

« Abjectes », « ignobles », « révoltants »… De nombreuses voix ont dénoncé la profanation du cimetière juif de Westhoffen, à l’ouest de Strasbourg, où une centaine de tombes ont été couvertes de croix gammées. Une profanation découverte mardi qui a semé la « consternation » en Alsace où une série d’actions similaires ont été perpétrées ces derniers mois.

« L’antisémitisme est un crime et nous le combattrons, à Westhoffen comme partout, jusqu’à ce que nos morts puissent dormir en paix », a tweeté le président Emmanuel Macron dans la soirée. « Les Juifs sont et font la France. Ceux qui s’attaquent à eux, jusque dans leurs tombes, ne sont pas dignes de l’idée que nous avons de la France », a poursuivi le chef de l’Etat.

107 tombes profanées

Selon le président du consistoire israélite du Bas-Rhin, Maurice Dahan, le cimetière compte environ 700 tombes, dont 107 ont été profanées. Ce cimetière accueille plusieurs sépultures des familles de l’ancien président du Conseil Léon Blum et de l’ex-président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré. Exprimant sa « colère devant ces gestes ignobles, scandaleux et révoltants », ce dernier a déploré « une insulte à la mémoire, une insulte à ces femmes et à ces hommes qui ont honoré la France et sont enterrés à Westhoffen ».

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner est attendu sur place en fin de matinée mercredi pour une « cérémonie de recueillement ». Le parquet de Saverne a indiqué à l’AFP avoir ouvert une enquête préliminaire confiée à une « cellule spéciale » de la gendarmerie. Le nombre « 14 », considéré comme un symbole suprémaciste blanc, a par ailleurs été retrouvé sur l’une des tombes, a-t-on précisé de même source.

« Actes abjects »

La profanation a suscité une cascade de réactions indignées. Le Premier ministre Edouard Philippe a exprimé sur Twitter sa « révolte » et son « dégoût », et Christophe Castaner a dénoncé « des actes abjects et répugnants ». Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, s’est dit dans un tweet « scandalisé et horrifié » tandis que le vice-président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif), Gil Taieb, a dénoncé la » haine anti-juive".

« C’est la consternation (…), mais on ne se laisse pas abattre, on ne se résigne pas (…) On ne laissera pas la place à ces gens-là », a réagi auprès de l’AFP M. Dahan, qui s’est rendu sur place avec le Grand Rabbin de Strasbourg, Harold Abraham Weill. Le préfet du Bas-Rhin, Jean-Luc Marx, a condamné « avec la plus grande fermeté ces actes antisémites odieux qui frappent une nouvelle fois le Bas-Rhin et exprimé son soutien le plus total à la communauté juive ». « Il n’y a pas de mots, c’est une désolation et on ne peut pas comprendre que des gens arrivent à faire ça », a réagi le maire de Westhoffen, Pierre Geist, évoquant un acte « inhumain ».

Fait étrange, Westhoffen a été évoqué à deux reprises, à plusieurs jours d’intervalles, dans des tags antisémites : ce sont de tels tags trouvés mardi matin à Schaffhouse-sur-Zorn, selon la préfecture, qui ont conduit les gendarmes à se rendre à Westhoffen, où ils ont découvert la profanation. Déjà le 26 novembre, d’autres tags antisémites avaient été découverts sur les murs de la mairie-école de Rohr, à une quinzaine de kilomètres de Westhoffen. Selon Maurice Dahan, ils indiquaient « cim juif westofen » (sic).

Recrudescence

L’Alsace est confrontée, depuis plusieurs mois, à une recrudescence de graffitis et dégradations à caractère antisémite et/ou raciste. Dans le Bas-Rhin, 96 tombes du cimetière juif de Quatzenheim, à une quinzaine de kilomètres de Westhoffen, avaient été souillées de tags antisémites le 19 février. Auparavant, le 11 décembre 2018, un autre cimetière israélite à Herrlisheim, au nord-est de Strasbourg, avait été visé. Le ou les auteurs de cette série de profanations n’ont pas été interpellés, a déploré Maurice Dahan. « La gendarmerie déploie des efforts importants » afin de les identifier, a insisté de son côté le préfet, Jean-Luc Marx.

Mi-avril, des tags racistes et antisémites avaient été découverts sur les murs de la mairie de Dieffenthal (Bas-Rhin). Quelques jours plus tard, des croix gammées et insultes avaient été taguées sur la façade de la maison d’une élue à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg. Début mars, des écrits antisémites avaient été découverts devant une école de Strasbourg et des croix gammées sur les murs d’une ancienne synagogue à Mommenheim. Des mairies et permanences d’élus ont également été les cibles de dégradations.