Strasbourg : L'A35 pourrait devenir une simple route limitée à 50 km/h dans un parc métropolitain

URBANISME Le projet de requalification de l’A35 en « parc métropolitain », entre Vendenheim et la Vigie, envisage de donner la priorité à la verdure et aux modes de transports doux

Gilles Varela

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Projection avant et après sur l'A35.
Projection avant et après sur l'A35. — Agence TER Indiggo Arcadis
  • La requalification de Strasbourg s’étend sur 25 km, entre Vendenheim au nord et la Vigie au sud.
  • Ce projet est conditionné à la réalisation du contournement ouest de Strasbourg, car ce dernier est censé recevoir le trafic de transit.
  • La vitesse sera limitée à 50 km/h sur les sections centrales et les voies réduites. Une voie serait réservée aux transports en commun, une au covoiturage et aux véhicules propres et enfin une pour les automobilistes qui ne réunissent pas ces conditions. Les pistes cyclables seraient prolongées et multipliées.

Bonjour la verdure, exit la voiture. Le président de l’eurométropole Robert Herrmann et le préfet du Bas-Rhin Jean-Luc Marx ont dévoilé les pistes envisagées et les contours du projet pour la requalification de l’A35. Comprendre, l’autoroute entre Vendenheim au nord de Strasbourg jusqu’à la Vigie au sud, soit un ruban de 25 km, mais aussi l’axe vers l’ouest avec l’A351. Ces trois derniers mois, les maires ou les représentants des 33 communes se sont en effet réunis en ateliers pour faire des propositions. Il en ressort que l’autoroute deviendrait une simple route dans un « parc métropolitain », limitée à 50 km/h.

Si l’on parle d’un projet qui s’étalerait sur une quinzaine d’années, il est avant tout conditionné à la réalisation du contournement ouest de Strasbourg, soit après sa mise en service en 2021, car ce dernier est censé recevoir le trafic de transit.

Limitation à 50 km/h
Limitation à 50 km/h - Agence TER Indiggo Arcadis

Réduire le trafic de transit

Le projet, présenté par le cabinet TER prévoit de s’appuyer sur l’existant. L’autoroute ne sera donc pas détruite mais réaménagée. Certaines bretelles disparaîtront, plusieurs espaces pourraient être transformés en parcs. La vitesse sera limitée à 50 km/h sur les sections centrales et les voies réduites. Une voie serait réservée aux transports en commun, une au covoiturage et aux véhicules propres et enfin une pour les automobilistes qui ne réunissent pas ces conditions. Les pistes cyclables seraient prolongées et multipliées.

L’idée forte du projet, est de dissuader le trafic de transit, et de « contraindre ceux qui n’ont pas à venir dans Strasbourg à prendre le contournement, pour ne plus passer au cœur de la ville, explique Robert Herrmann, ou préférer les nouveaux modes de déplacements, les transports en commun ». De là à absorber le passage journalier actuel de 20.000 à 30.000 véhicules…

Les trois parcs
Les trois parcs - Agence TER Indiggo Arcadis

Ces réaménagements permettraient de récupérer 200 ha de terres et la plantation de 80.000 arbres. Pas de projets immobiliers particuliers non plus, car un parc agro-écologique au nord de la ville, une « ceinture verte » au centre, et le parc du Gerig à l’ouest – avec son étendue d’eau de 95 ha – sont prévus.

La ceinture verte, à Strasbourg
La ceinture verte, à Strasbourg - Agence TER Indiggo Arcadis

Des réaménagements qui permettraient par exemple de ne plus isoler la place de Haguenau qui serait reconfigurée, tout comme le secteur de l’arrière gare, qui pourrait – et l’idée n’est pas nouvelle –, devenir une gare ouverte sur 360°. La « nouvelle route » deviendrait un lien avec ces nouveaux centres d’intérêt de l’agglomération, à l’image de passerelles aériennes imaginées au-dessus des voies ferrées pour rejoindre le secteur des remparts.

Concernant le financement du projet, il n’est pour l’heure pas chiffré (il y a toutefois une enveloppe de 20 millions d’euros du plan d’aménagement précédent). Reste aussi la question de l’accessibilité du secteur portuaire, prévu pour l’instant via le GCO, et par le sud de la ville, avec son transit routier.