Strasbourg : Du poisson élevé au Port autonome aux assiettes des cantines avec l’aquaponie

ENVIRONNEMENT Le projet de ferme aquaponique au Port autonome de Strasbourg est sur le point d’être finalisé. De la truite, du saumon de Fontaine, des fruits et légumes pourraient bien être au menu des cantines et sur les marchés de proximité de la ville

Gilles Varela

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Illustration de poisson
Illustration de poisson — Pixabay

S’il suscite la curiosité, le projet d’activité aquaponie au Port autonome de Strasbourg (PAS) soulève tout autant d’impatience. D’ailleurs, afin de finaliser une série d’études, l’eurométropole de Strasbourg, s’apprête ce vendredi à attribuer une subvention pour la financer à raison de 50 %. Rien d’étonnant quand on sait que cette activité, sorte de ferme urbaine de maraîchage hors sol et d’élevage de poissons, est économe en ressources et respectueuse de l’environnement. Pour rappel, sous des serres chauffées par la chaleur résiduelle de la centrale biomasse d’ES, de l’eau de bassins chargée des rejets des poissons permettra d’arroser et d'enrichir des plantations, avant d’être recyclée. Econome en ressources, ce cycle vertueux permet aussi, grâce à une température constante, d’obtenir des cultures plus variées que dans une ferme traditionnelle.

Peu répandue, cette activité pourrait à l’avenir se développer dans plusieurs endroits de l’eurométrople et répondre à des enjeux climatiques, environnementaux et sociétaux.

Les cantines, la restauration collective

Les porteurs de projets, Gilgert, Weinstein et Haget, prévoient aujourd’hui que la ferme aquaponique permettrait une production autour de 200 tonnes par an de maraîchage et d’élevage de poissons et de générer une quinzaine d’emplois dont une partie en insertion. « Plusieurs pistes sont encore étudiées, mais nous pourrions produire des truites et du saumon de fontaine, indique Pierre Weinstein. Pour le maraîchage, des tomates, des salades, des fraises, des courgettes, tout ce qu’il y a dans le panier de la ménagère avant, dans une deuxième phase, des produits plus élaborés ». Côté débouchés, sont ciblés les cantines, la restauration collective, les grandes et moyennes surfaces et un marché de proximité.

Avec un investissement évalué à près de 2 millions d’euros, l’enjeu commercial est important pour les porteurs de projets qui restent confiants vu l’accueil réservé à cette nouvelle activité. « Nous comptons déjà plusieurs partenaires importants et tous les voyants sont au vert », se réjouit Pierre Weinstein. Lancement du chantier, si tout va bien, mi-2020. Les premiers fruits et légumes devraient voir le jour à l’automne de la même année et il faudra attendre début 2021 pour le poisson.