RC Strasbourg : Avec le retour de ses supporters interdits de déplacement samedi à Amiens, le réveil à l'extérieur ?

FOOTBALL L'interdiction de déplacement qui touchait 49 fans du Racing est finie. Beaucoup seront à Amiens samedi et espérent vivre la première victoire à l'extérieur des Alsaciens

Thibaut Gagnepain

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Les supporters des Ultra Boys 90, au stade de la Meinau à Strasbourg.
Les supporters des Ultra Boys 90, au stade de la Meinau à Strasbourg. — Elyxandro CEGARRA/SIPA
  • Plus de 600 supporters du Racing sont attendus samedi soir à Amiens, pour la 14e journée de Ligue 1.
  • Parmi eux, certains effectueront leur premier déplacement depuis trois mois. 49 avaient été interdits de stade, après avoir bravé un arrêté préfectoral à Nîmes en mars dernier.
  • Sanctionné d’une interdiction administrative de stade (IAS), Maxime, membre du bureau des Ultra Boys 90, témoigne

Le stade de la Licorne va vibrer samedi, au moins en tribunes. Muets ou presque depuis le début de la saison à l’extérieur, les fans du RC Strasbourg ont prévu de chanter à Amiens. Ils seront même plus de 600 à entonner des refrains à la gloire de leur club.

La raison de ce soudain regain de voix ? Le retour dans le parcage visiteur des groupes des supporters. En particulier des Ultra Boys 90, qui boycottaient jusque-là les déplacements en soutien à leurs membres touchés par des interdictions de stade. Au total, 49 personnes avaient été sanctionnées pour une durée trois mois. Dont Maxime, qui fait partie du bureau des UB90.

« Quand tu te rends un dimanche soir dans un commissariat… »

« Jusqu’au 27 octobre, je n’avais pas le droit de me rendre à un match du Racing en France, à part à la Meinau. A chaque mi-temps des matchs à l’extérieur, je devais aller pointer à la gendarmerie près de chez moi », explique le jeune homme de 22 ans, en avouant en avoir souffert. « Quand tu te rends un dimanche soir dans un commissariat, tu te sens comme quelqu’un qui a fait quelque chose de grave… C’était contraignant et très frustrant d’être privé de ma passion. »

Un extrait de l'interdiction administrative de stade qui a touché Maxime.
Un extrait de l'interdiction administrative de stade qui a touché Maxime. - Capture d'écran

Sa faute ? Avoir bravé, avec 87 autres supporters alsaciens, l’arrêté pris par le Préfet du Gard en mars dernier, avant la 29e journée de Ligue 1. « On y était allée en connaissance de cause, rembobine-t-il. Mais on voulait suivre notre club. C’est le principe quand on est un ultra. Et il y avait aussi beaucoup trop d’arrêtés de ce type à ce moment-là, ça mettait en cause notre liberté de circulation. »

« J’étais dégoûté et surpris »

En car, la délégation s’était donc rendue à Avignon, avant de prendre le train en fin d’après-midi, direction le stade des Costières. « On a été accueilli par un nombre énorme de policiers à notre arrivée à la gare. Nos identités avaient été relevées, tout s’était bien passé et on croyait qu’on pourrait quand même aller voir le match… Sauf qu’on nous a renvoyés chez nous en bus. »

Et trois mois plus tard, en juillet, Maxime recevait donc le fameux courrier d’interdiction de stade. « J’étais dégoûté et surpris. Avec le temps, je me disais que l’affaire était classée », avoue-t-il, sans avoir compris pourquoi il faisait partie des sanctionnés. « Pourquoi 49 et pas les 88 qui étaient à Nîmes ? Des femmes ont aussi été touchées. C’est complètement arbitraire. »

« Je pense que le douzième homme a son utilité »

Après trois mois et six matchs de Ligue 1 potentiellement ratés, le fan ressent aujourd’hui « beaucoup d’impatience ». Elle ne le quittera pas samedi puisqu’il ne peut se rendre à Amiens, « retenu pour des raisons professionnelles ». « Sinon, bien sûr que j’y serais allé. Je pense que le douzième homme a son utilité, on l’a déjà montré à la Meinau. »

Les résultats à l’extérieur du Racing depuis le début de la saison plaident en ce sens. Avec un tout petit point pris en dix sorties, les joueurs de Thierry Laurey sont les plus mauvais voyageurs de Ligue 1. « Peut-être que ça les aidera de nous entendre », conclut Maxime.