Strasbourg : Les trois mesures phares du Diocèse pour lutter contre les abus sexuels

RELIGION Il est notamment prévu de ne plus laisser aucun enfant seul avec un prêtre

Florian Bouhot
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Un prêtre (illustration).
Un prêtre (illustration). — Pixabay
  • Depuis septembre 2018, le Diocèse de Strasbourg a lancé la commission « Mieux vaut tard » afin de lutter contre les abus sexuels en son sein.
  • Cette commission présentait ses premières mesures. L’une d’elles prévoit de ne plus laisser un enfant seul avec un prêtre.
  • Ces mesures vont être inscrites dans une loi ecclésiale qui devrait être promulguée au printemps.

« Tolérance zéro vis-à-vis des abus sexuels. » Depuis septembre 2018, c’est le mot d’ordre de la commission « Mieux vaut tard », lancée par le Diocèse de Strasbourg. Son but ? Constituer un texte à valeur de loi ecclésiale. En clair, un document contraignant afin de lutter contre les abus sexuels commis au sein de l' Église catholique. Samedi, les grandes lignes du texte ont été présentées à l’occasion d’un débat dans la capitale alsacienne.

Une mesure phare s’est détachée : plus aucun enfant ne sera laissé seul dans un espace clos avec un représentant ecclésiastique. « Nous organiserons le territoire de manière à ce que les jeunes soient accompagnés par plusieurs personnes tout le temps, même pour un banal trajet en voiture. Le mot d’ordre, c’est "vigilance" », insiste Geneviève Stirnemann, qui fait partie de la fameuse commission.

Transparence plutôt que surveillance

Une autre mesure est ressortie. Celle d’installer des vitres sur les portes des bureaux ou des confessionnaux. Le tout dans une « démarche de transparence » plutôt que de surveillance, juge-t-elle.

Des formations sur les risques du pouvoir du prêtre ​et les fragilités des enfants seront aussi programmées. « Nous travaillons par exemple avec des avocats ou des pédopsychiatres pour décider du contenu des formations », précise Geneviève Stirnemann.

Promulgation au « printemps prochain » ?

Ces mesures seront-elles applicables en termes d’effectif et de coûts ? « Cela semble tenable », assure-t-elle, avant de nuancer quelque peu. « Il faudra quand même qu’on réfléchisse bien à l’accompagnement des enfants en milieu rural, là où nous avons moins de personnel à disposition. »

A en croire le Diocèse de Strasbourg, ce texte à valeur de loi ecclésiale n’est pas « voué à dormir dans un tiroir ». Geneviève Stirnemann souligne également que « chacun devra signer une lettre d’engagement définissant la conduite à avoir avec les personnes et plus particulièrement les enfants. »

Des consultations sont ouvertes jusqu’au 30 novembre pour en faire évoluer le contenu, avant une promulgation espérée « au printemps prochain ». Si la date du 13 décembre avait un temps été évoquée, l’archevêque n’a pour l’heure pas fixé de date plus précise.