Alsace : La région pourrait « fournir à elle seule l’industrie française en lithium »

ECONOMIE La présence importante de lithium dans le sous-sol alsacien permettrait à elle seule de fournir l’industrie française, à condition que la filière géothermique bénéficie du soutien de l’Etat

Gilles Varela
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Site de orage géothermique opéré par Fonroche. Vendenheim-Reichstett le 13 novembre 2019.
Site de orage géothermique opéré par Fonroche. Vendenheim-Reichstett le 13 novembre 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • La géothermie profonde permet de produire de l’électricité et du chauffage.
  • La présence de lithium dans le sous-sol alsacien, en qualité et quantité prometteuse, est un nouvel argument pour conforter l’intérêt dans forages géothermiques.
  • Le développement et l’intérêt industriel de la géothermie sont cependant conditionnés par des contraintes budgétaires et environnementales.

Et si les batteries des prochaines voitures électriques étaient produites en Alsace au lieu de venir de Chine ? Alors que d’âpres négociations sur le soutien de l’Etat à la géothermie sont en cours dans le cadre de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), les professionnels du secteur mettent sur la table un nouvel atout des forages géothermiques, qui produisent pour l’instant de l’électricité et du chauffage.

Atout qui pourrait largement concourir au mix énergétique tant recherché en France. En effet, de récentes analyses confirment, selon les professionnels du secteur, que l’Alsace « peut fournir le lithium nécessaire à l’industrie française. »

« En quantité et qualité prometteuse »

Du lithium, en « quantité et qualité prometteuse », assure le groupe Fonroche, qui opère notamment sur le site de Vendenheim-Reichstett, est en effet présent dans les eaux extraites des puits de forage. Fonroche envisage même une production annuelle de près de 1.500 tonnes de lithium propre (pour le seul site de Vendenheim). C’est-à-dire « extrait du sol, raffiné et transporté avec un très faible impact environnemental », précise Jean-Philippe Soulé, directeur général de Fonroche géothermie. Rien que pour ses trois sites programmés en Alsace, le groupe assure qu’il pourrait fournir 30 à 40 % de l’ensemble de la demande industrielle française, et ce à partir de 2023.

Jean-Jacques Graff, directeur général d’ES Géothermie (groupe qui détient trois sites de géothermie en Alsace), président de l’AFPG (Association française des professionnels de la géothermie), reconnaît que la présence du lithium est connue depuis plusieurs années dans le nord de l’Alsace. Mais il n’y avait pas à l’époque l' intérêt que l'on connaît aujourd'hui. « C’est un réel avantage stratégique, étant donné que la demande en lithium augmente significativement avec les nouvelles politiques de mobilité », explique Jean-Jacques Graff. Mais aussi parce que l’industrie française est aujourd’hui dépendante des pays producteurs, souvent exposés aux risques géopolitiques.

Tout cela reste cependant conditionné à l’aide de l’État, à travers le prix de rachat de l’électricité issu de la géothermie, selon les professionnels. A condition également, au vu de l’actualité, que les analyses en cours concernant les récents séismes ressentis non loin du site de Vendenheim ne viennent retarder le développement de la géothermie…