Affaire Sophie le Tan: La procureure ne fait « pas de lien pour l'instant » entre le corps et Jean-Marc Reiser

JUSTICE La procureure de la République de Strasbourg est revenue en détail sur la découverte du corps, enterré dans une forêt communale de Rosheim

Nils Wilcke

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Strasbourg: Sophie Le Tan
Strasbourg: Sophie Le Tan — AFP
  • Les ossements de la jeune victime ont été retrouvés par un groupe de promeneurs dans une forêt communale de Rosheim, dans le Bas-Rhin. 
  • Ce groupe a découvert un crâne à même le sol, avec un certain nombre de dents, selon la procureure de la République de Strasbourg. 
  • Interrogée sur une éventuelle convocation de Jean-Marc Reiser, la procureure a indiqué qu'« aucun lien » n'avait été établi « pour l'instant » avec le suspect. 

Deux jours après que le corps découvert démembré mercredi dans une forêt d’Alsace a été identifié comme étant celui de Sophie le Tan, une conférence de presse a été organisée lundi par la procureure de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, pour éclaircir certaines zones d'ombre.

Un crâne découvert à même le sol

Les circonstances de la découverte du corps sont désormais mieux connues. Les ossements de la jeune victime ont été retrouvés par un groupe de promeneurs dans une forêt communale de Rosheim, près de Grendelbruch. Ce groupe a découvert un crâne à même le sol, avec un certain nombre de dents, selon la magistrate. Le crâne aurait pu être déterré par un animal, précise-t-elle.

L’un des membres du groupe, un gendarme de profession, a donné l’alerte rapidement. A quelques dizaines de mètres de là, les enquêteurs ont retrouvé un amas de terre avec une fosse couverte de branches et de pierres. Dans cette fosse, un tronc et plusieurs ossements dont un os de bras (humérus). Non loin de là se trouvait un autre humérus et, dans des branchages, un amas de cheveux de couleur foncée.

La forêt de Rosheim n’avait pas été fouillée jusqu’à présent. Les recherches se concentrant sur d’autres secteurs, signalés par l’activation de relais téléphoniques, couvrant plusieurs dizaines de km2.

« Un moment difficile pour la famille »

Sur les ossements de la fosse, le profil génétique de Sophie Le Tan a bien été identifié. Sur le crâne, l’ADN de la disparue n’a pas été identifié mais la procureure indique que c’était « celui d’une femme, jeune et d’origine asiatique ».

Un fémur présente « une section instrumentale » qui n’est pas l’œuvre d’un animal : « Il s’agit d’une une section nette et franche. Les experts en préciseront la nature exacte », indique la magistrate. A eux de faire parler les ossements avec les nouvelles technologies en leur possession.

« La découverte des ossements constitue pour la famille un moment difficile après une longue attente », a indiqué la procureure de Strasbourg. Laquelle fait une « priorité » de « poursuivre les fouilles, trouver des indices et ce, afin de « dater pour répondre aux questions de la famille et de l’enquête ».

Aucun lien établi « pour l’instant » avec Jean-Marc Reiser

Interrogée sur une éventuelle convocation de Jean-Marc Reiser, la procureure a indiqué qu'« aucun lien » n’avait été établi « pour l’instant » avec le suspect.

Sophie Le Tan n’avait plus donné signe de vie depuis le 7 septembre 2018, le jour de son 20e anniversaire, alors qu’elle allait visiter seule un appartement à Schiltigheim, commune limitrophe de Strasbourg. L’unique suspect, Jean-Marc Reiser, 59 ans, qui avait posté l’annonce immobilière, avait été arrêté quelques jours plus tard. Déjà condamné pour viols et acquitté au bénéfice du doute pour la disparition d’une jeune femme dans les années 1980, il avait été mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration.

En dépit de traces du sang de Sophie Le Tan retrouvées chez lui, le suspect a réaffirmé, lors d’une audition devant la juge d’instruction le 5 octobre, être innocent. Il affirme qu’il aurait soigné la jeune femme blessée à la main, avant qu’elle ne quitte son domicile.

Les investigations doivent désormais se poursuivre sous la direction d’un juge d’instruction.