Strasbourg : Zones Seveso, risques naturels… La population va être informée des risques et de ce qu’il convient de faire en cas d’urgence

ENVIRONNEMENT Après l’incendie du site Lubrizol à Rouen, Strasbourg s’apprête à diffuser une plaquette informative sur les risques technologiques et naturels et les réflexes à avoir en cas d’urgence

Gilles Varela

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Illustration. Exercice zone Seveso au Port aux pétroles à Strasbourg. le 06 05 2010
Illustration. Exercice zone Seveso au Port aux pétroles à Strasbourg. le 06 05 2010 — G. VARELA / 20 MINUTES
  • La loi oblige les grandes communes à avoir un Dossier d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM).
  • A Strasbourg, ce document va être mis à la disposition de la population afin de lister les dangers technologiques ou naturels encourus et les gestes à avoir en cas de danger.

Toulouse avec AZF, Rouen avec Lubrizol, inondations, séismes… Autant de catastrophes qui rappellent à notre bon souvenir que même s’il ne faut pas s’angoisser inutilement, mieux vaut connaître les risques encourus afin d’y être préparés, même en Alsace. Seulement voilà : quels sites sont particulièrement concernés dans l’eurométropole ? Qui peut dire avec certitude quels gestes avoir en cas d’urgence ? Qui sait que les sirènes retentiront trois fois pendant 1 minute et 41 secondes en début d’alerte et 30 secondes en fin d’alerte ? Pas grand monde…

C’est pourquoi à Strasbourg, comme la loi l’y oblige, la ville va informer la population des risques et des réflexes à avoir. Le DICRIM (Dossier d'information communal sur les risques majeurs) est dans les tuyaux depuis 2017, mais « l’incendie de Rouen » a précipité les choses. Ses 200 pages seront prochainement consultables au centre administratif, en mairie de quartier et sur le site Internet de la ville. Un condensé simplifié, à lire en famille, sous forme d’un feuillet de 16 pages, sera tiré à 60.000 exemplaire et joints dans le Strasbourg magazine du mois de novembre.

Huit sites classés « Seveso »

En matière de risques technologiques, Strasbourg recense huit sites classés « Seveso ». Sept sont classés « seuils hauts » et à proximité de zones à « enjeux importants ». S’ils font bien évidemment l’objet d’une attention toute particulière, d’un Plan de prévention des risques technologiques pour le secteur du Port aux pétroles limitant l’urbanisation de cette zone, un éventuel accident reste toujours possible.

Les risques listés sur la commune sont d’ordre toxique, (pollution, inhalation), d’explosion, ou bien encore d’incendie de produits dangereux. Un risque accentué par le fait qu’il existe un flux important de transport de matières dangereuses en transit, par voie ferrée, par voie fluviale mais aussi par des canalisations.

Autre risque industriel, le risque nucléaire. Strasbourg se situe en effet à moins de 200 km de neuf centrales de trois pays différents. Dont trois en Allemagne, quatre en Suisse. Deux en France avec Fessenheim qui ne se situe qu’à 75 km… Avec un peu de vent, l’émission de matière radioactive de la centrale alsacienne serait sur la commune strasbourgeoise en moins de 30 minutes…

Inondations et ruptures de barrages

Les risques naturels concernent essentiellement les inondations, avec un débordement des cours d’eau, la remontée de la nappe phréatique rhénane, le risque de coulées d’eaux boueuses. Les zones les exposées sont la Plaine des Bouchers, la Montagne Verte, le quartier du Wacken, la Robertsau, la Cité de l’Ill le quartier de Koenigshoffen.

Existe également le risque de rupture de barrage. Trente communes du Bas-Rhin ont au moins un barrage (ou assimilé). Strasbourg est concerné par des digues de canalisation.

Enfin, le risque sismique n’est pas écarté. Même si Strasbourg se trouve, comme la majeure partie du département, dans la zone 3 (sur 5), dite de risque modéré, plus de 150 évènements sismiques ont été ressentis dans la commune de Strasbourg depuis 1.000 ans.