Strasbourg: La SIG Arena, le projet de nouvelle salle du club de basket-ball, devient une affaire politique

BISBILLES Le projet de nouvelle salle du club de basket fait l’objet d’un conflit entre la ville et l’Eurométropole

Thibaut Gagnepain

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Le projet de la future Arena par le cabinet d'architectes Chabanne.
Le projet de la future Arena par le cabinet d'architectes Chabanne. — Cabinet Chabanne
  • Une salle de 8.000 places, des commerces, des restaurants… Depuis 2015, la SIG Strasbourg porte un grand projet d’Arena pour remplacer l’actuel Rhénus Sport.
  • Les travaux auraient dû commencer en juin mais aucun coup de pelle n’a été donné.
  • Le projet est estimé à 40 millions d’euros, dont 17,1 millions d’argent public, et l’affaire est devenue politique.
  • Le maire de Strasbourg et le président de l’Eurométropole s’opposent sur le sujet. Le premier a même demandé que la communauté d'agglomération lui redonne la compétence sur les lieux, afin de faire avancer le projet, bloqué aujourd’hui.

Une salle de 8.000 places, des commerces, des restaurants… Depuis 2015, c’est le grand projet de la SIG Strasbourg. Une Arena pour agrandir et remplacer l’actuel Rhénus Sport, en plein cœur du quartier du Wacken, et permettre au club de basket de grandir.

Les travaux devaient commencer en juin dernier. Mais aucun coup de pelle n’a encore été donné. La faute a un dossier qui s’est largement compliqué. A l’origine, la SIG devait financer totalement la construction du « Crédit Mutuel Forum », grâce à des partenariats privés. Ce n’est plus le cas, pour des questions juridiques, et l’apport d’argent public est devenu nécessaire.

« Il y a urgence »

Au total, 17,1 millions d’euros, sur les 40 millions de budget du projet. La Région Grand-Est doit en verser la plus grande part (5,9 millions), contre 3,4 millions pour le département du Bas-Rhin et 3,9 millions chacun pour la Ville et l’Eurométropole. Le reste doit être apporté par des prêts de la Caisse des dépôts et de quatre banques privées.

Un montage sans souci ? Pas tant que ça depuis que l’affaire est devenue politique. Avec une opposition nette entre le maire de Strasbourg et le président de la communauté d'agglomération, propriétaire des lieux. En clair, le premier reproche au second de bloquer le dossier. Lundi, Roland Ries a ainsi appelé l’Eurométropole à « assumer ». « Il y a urgence, les offres des banques se terminent bientôt […] Quand on cherche à trouver des obstacles, on en trouve toujours », a-t-il lancé avant de proposer de reprendre la compétence du Rhénus Sport.

« Je ne sais pas ce qui a piqué Monsieur Ries »

« Je ne sais pas ce qui a piqué Monsieur Ries, répond Robert Hermann à 20 Minutes. On s’était entendu début octobre pour faire un crash-test, un audit qui aurait permis d’en savoir plus sur les risques financiers du dossier, mais il n’a pas été lancé. On ne connaît pas tous les aléas et on parle quand même de 17,1 millions d’argent public ! Je n’en veux pas à la SIG mais je n’ai pas envie de faire prendre de risques financiers à la collectivité au-delà du raisonnable. »

Ce mardi, le candidat Les Républicains à la mairie de Strasbourg, Jean-Philippe Vetter, a appelé à un débat sur le sujet. Un sujet devenu vraiment politique.