Opération « collège mort » dans un quartier de Strasbourg après une agression et des menaces de mort

SECURITE Après l’agression d’un professeur et des menaces de mort envers l’établissement, parents et enseignants du collège Jacques Twinger ont mis en place une journée « collège mort » 

Gilles Varela

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Au collège Jacques Twinger à Koenigshoffen le 15 octobre 2019.
Au collège Jacques Twinger à Koenigshoffen le 15 octobre 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • A l’initiative des parents, une journée collège mort a été décrétée au collège Jacques Twinger à Koenigshoffen, un quartier de Strasbourg.
  • Une initiative prise en réaction à  une intrusion, une agression et des menaces de mort proférées par trois mineurs non scolarisés au collège.

Une grande banderole noire où l’on peut lire « collège mort » barre le portail de l’entrée de l’établissement scolaire Jacques Twinger à Koenigshoffen un quartier de Strasbourg. Les 670 élèves que compte l’établissement (conçu à l’origine pour 500 élèves) sont restés chez eux ce mardi. La raison ? L’intrusion le 4 octobre dernier dans la cour du collège de trois adolescents extérieurs au lycée, (l’un d’eux en avait d’ailleurs été exclu l’année précédente).

Ces derniers qui écoutaient fortement de la musique auraient alors pointé une arme à feu sur une enseignante venue à leur rencontre tout en proférant des menaces de mort envers tout le collège. Si les jeunes suspects ont depuis été interpellés, c’est surtout un sentiment d’abandon que dénoncent enseignants et parents mobilisés.

Au collège Jacques Twinger à Koenigshoffen le 15 octobre 2019.
Au collège Jacques Twinger à Koenigshoffen le 15 octobre 2019. - G. Varela / 20 Minutes

« Un collège dans un cadre qui ne fonctionne plus »

Cet évènement « grave » qui a choqué l’équipe enseignante, (la professeure directement concernée est toujours en arrêt maladie) serait surtout révélateur d’une situation difficile qui va bien au-delà de l’enceinte du collège. « Cela fait six mois que l’on parle avec différents acteurs, que ce soit le département, le rectorat, la ville, pour dire que ce collège est dans un cadre qui ne fonctionne plus, assure Sylvain Thouvenot, professeur et représentant du personnel du collège. Le quartier ne va pas bien. Le collège accueille des élèves en grande difficulté et on nous supprime les heures d’accompagnement éducatif, qui permettent pourtant d’aider les élèves, de faire des projets. Ça fait six mois qu’on leur dit d’arrêter l’hémorragie, mais rien. »

« Les bagarres font partie du quotidien, souligne Stéphan Keller, professeur d’éducation physique. Hier encore, deux élèves se sont tapés dessus en plein cours, séparés par l’enseignant. Mais l’agression du 4 octobre, c’est un cran au dessus. Ce qui nous agace encore plus, c’est que ça fait six mois que l’on dit que ça va partir en vrille. »

Au collège Jacques Twinger à Koenigshoffen le 15 octobre 2019.
Au collège Jacques Twinger à Koenigshoffen le 15 octobre 2019. - G. Varela / 20 Minutes

Si un visiophone a depuis été installé (cela était prévu de longue date soulignent les enseignants), si l’écoute et l’accompagnement du rectorat ont été immédiats, les réponses apportées restent, aux dires des enseignants, largement insuffisantes. Ces derniers réclament un classement du collège REP en REP +, ce qui entraînerait de facto plus de moyens, un troisième CPE et le retour des heures d’accompagnement éducatif.

Une dizaine de personnes, des parents d’élèves et des enseignants sont invités ce mardi soir à une réunion à l’inspection académique de Strasbourg. Mais le véritable espoir des enseignants se porte sur une réunion prévue le 5 novembre. « On veut y faire converger tous les décideurs, le rectorat, le département, la ville, les associations, parce que depuis six mois tout le monde se rejette la balle et se retire, souligne Sylvain Thouvenot. Que l’on discute, que tout le monde prenne ses responsabilités et décide ce que l’on fait pour ce collège. »