Les artisans clefs de voûte du château

Ludovic Meignin Photos : Gilles Varela - ©2008 20 minutes

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On aperçoit sa silhouette de loin depuis la plaine d'Alsace. Telle une sentinelle, dont l'origine remonte au XIIe siècle, le château du Haut-Koenigsbourg trône sur les hauteurs d'Orschwiller à plus de 750 mètres d'altitude. Pour marquer le centenaire de l'achèvement de sa restauration, réalisée de 1901 à 1908 à l'initiative de l'empereur Guillaume II, quatre-vingts compagnons du devoir ont refait ce week-end les gestes effectués sur le site à l'époque. Tailleurs de pierre, ébénistes, menuisiers, charpentiers, tapissiers ou encore chaudronniers, toutes ces professions ont participé à la remise en état de l'édifice. « Nous avons organisé cet événement pour leur rendre hommage. A présent, ces artisans interviennent pour entretenir le monument », souligne Delphine Brunel, responsable des projets culturels au Haut-Koenigsbourg. Durant trois jours, ils ont fait des démonstrations de leur savoir-faire aux visiteurs. Plus de 7 000 personnes, sur les 550 000 accueillies chaque année sur le site, ont ainsi découvert des métiers qui se perpétuent depuis des générations. Parmi les plus anciens, celui de métallier. Il fait partie des incontournables sur un chantier de château. « C'est lui qui réalise les outils pour les artisans », explique William Delfour, 20 ans, en troisième année de formation à Strasbourg pour devenir compagnon du devoir. Les objets que le métallier élabore sont multiples : « Histori­quement, certains d'entre eux étaient spécialisés dans la fabrication des armes ou s'occupaient des fers pour les chevaux. Pour la restauration d'un monument, cet ouvrier peut être amené à reconstituer une serrure complète, depuis le boîtier forgé à la clé en passant par le mécanisme ». Hier, les métalliers ont reconstitué une grille vénitienne défendant une fenêtre du château. Très intéressée par cette démonstration, l'assistance essentiellement constituée de familles françaises, allemandes et anglaises, a posé beaucoup de questions. Bon nombre d'entre elles étaient consacrées au métier en lui-même et à la formation nécessaire pour l'exercer. Si les visiteurs étaient dans l'ensemble conquis, comme Johanne et Michel de Montréal qui ont trouvé la visite « super intéressante », Elodie d'Epinal était un peu déçue : « La plupart des démonstrations s'effectuaient sur des supports qui ne serviront pas à la restauration du château ».