Strasbourg : L’école planche pour prévenir la récidive des mineurs sous protection judiciaire

SOCIETE Les mineurs sous protection judiciaire, souvent en attente d’un jugement et placés par la justice, vont bénéficier d’un accompagnement scolaire du rectorat de l’académie de Strasbourg. Pour une nouvelle chance

Gilles Varela

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Atelier menuiserie dans l'Unité éducative d'activité de jour. Strasbourg le 03 octobre 2019.
Atelier menuiserie dans l'Unité éducative d'activité de jour. Strasbourg le 03 octobre 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • L’Unité éducative d’activités de jour (UEAJ) de Strasbourg vient de signer une convention avec le rectorat de l’académie de Strasbourg.
  • Elle accueille, en milieu ouvert, les mineurs sous protection judiciaire. Là, ils reçoivent des formations pour aider à leur réinsertion et éviter la récidive.
  • Avec l’aide du rectorat, des professeurs vont aider à leur réinsertion.

Comment prévenir la récidive chez les mineurs placés sous protection judiciaire ? C’est la question à laquelle veulent répondre, ensemble, le rectorat de l’académie de Strasbourg et la Direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse Alsace. 

Ils ont signé jeudi une convention permettant un accompagnement. Son objectif: renforcer et favoriser l’intégration et la réinsertion de ces jeunes au parcours chaotique, placés dans des unités éducatives en milieu ouvert, une alternative à l’incarcération. 

Dans l’Unité éducative d’activités de jour (UEAJ) à Strasbourg, une unité qui dépend du ministère de la justice, des éducateurs, des spécialistes s’emploient auprès de 25 mineurs, dont les plus jeunes ont 14 ans, placés dans le cadre de la loi. Ils sont répartis dans des ateliers qui couvrent de multiples disciplines, souvent en contact avec le monde extérieur du travail.

Jean-Charles*, 17 ans, apprend par exemple les rudiments de menuiserie. Concentré et volontaire, équipé en conséquence, il ne sait pas encore ce que signifie cet accompagnement du rectorat. Davantage de maths ? De français ? « En tout cas c’est important. Il faut apprendre plus de métiers pour pouvoir rentrer en apprentissage, en formation, c’est une deuxième chance », confie le jeune homme.

« Permettre de rebondir»

Souvent sans qualification, sans projet professionnel, ces jeunes cumulent les difficultés d’ordre familial, de santé, d’addictions, sociales, qui génèrent des risques de récidive. Et c’est bien pour lutter efficacement contre celle-ci que l’éducation nationale vient apporter son expertise. « On sait bien que le savoir, les certifications, l’acquisition de compétences sont essentielles pour préparer un nouveau départ, explique Sophie Béjean, rectrice de l’académie de Strasbourg. Il faut construire un parcours avec eux, qui vise non pas à les réintégrer dans un parcours scolaire "classique", mais qui leur permet d’acquérir ou de réacquérir des minima avec des immersions dans des lycées professionnels », insiste la rectrice. L’idée est de « leur permettre de découvrir des métiers, des formations, d’être en contact, d’utiliser des plateaux techniques… »

« Ce partenariat va permettre de certifier ce que l’on fait, parce que nous ne sommes pas un centre de certification, explique pour sa part Vanessa Goussé, la directrice de l’UEAJ. Ils ne sortent pas de chez nous avec un diplôme, tandis que l’intervention de l’éducation nationale permettra de valider les modules. Du coup, ils pourront être valorisés sur le marché de l’emploi. »

« Nous sommes dans la prévention de la récidive, renchérit Claude Hild, directeur territorial Alsace de la protection judiciaire de la jeunesse. Un jeune qui a commis un acte de délinquance doit se rendre compte qu’il a commis cet acte et qu’il sera jugé pour et devra payer. Mais à côté de ça, il faut aussi lui permette de rebondir et d’aller de l’avant. »

*Le prénom a été changé

Quelles sont les caractéristiques de la délinquance des mineurs?