Situation tendue entre les commerçants sur des marchés et la ville de Strasbourg

COMMERCE Des mésententes et désaccords existent entre les commerçants non sédentaires des marchés et la ville de Strasbourg. La tension est palpable sur les marchés de Hautepierre et de la place Kléber

Gilles Varela

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Illustration. Les services de la ville sur un marché de Strasbourg. Le 2 octobre 2019.
Illustration. Les services de la ville sur un marché de Strasbourg. Le 2 octobre 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • Des commerçants non sédentaires qui travaillent sur les marchés de Strasbourg dénoncent un manque d’écoute de la ville, notamment de son adjoint en charge des marchés, Robert Herrmann.
  • Ils reprochent notamment des intransigeances à leur égard tout en dénonçant un certain immobilisme concernant les marchés parallèles et les vendeurs à la sauvette.
  • L’élu a même été interpellé à ce sujet lors du dernier conseil municipal et les désaccords pourraient se renforcer à l’approche des décisions à venir concernant le marché de la place Kléber à Noël.

 

« On est en train d’étouffer. On n’est pas entendu par la ville », peste Monji Hattey, président de l’Union des commerçants du Bas-Rhin (UCB). Il assure que les commerçants non sédentaires sur les marchés de Strasbourg « essuient des sanctions qui ne sont pas équitables » car elles ne concernent principalement que les commerçants officiels… Alors que « les vendeurs à la sauvette, les marchés parallèles, se permettent tout, jettent leurs déchets, bloquent les accès » et que cela leur est imputé, reproché.

Robert Herrmann, adjoint au maire de Strasbourg en charge des marchés, resterait sourd à ces problèmes », affirme le commerçant. « On envoie des courriers au service des marchés, mais rien. Les informations données lors des commissions ne correspondent pas du tout à ce qui se passe. On ne veut pas nous entendre. » Problème de non-conformité, toilettes inexistantes alors que cela est obligatoire, demandes vaines de délimitations tracées et numérotées au sol, horaires restreints, les griefs sont nombreux, particulièrement sur l’un des plus gros marchés de la ville, celui de Hautepierre.

La multiplication des vendeurs à la sauvette

Un avis et une colère que partage Driss Mdihi, président de l’ACNSS, autre association de commerçants non sédentaires. « On nous reproche aussi de ne pas respecter les horaires », regrette le commerçant qui dénonce, notamment à Hautepierre, que l’accès soit « bouché par les vendeurs à la sauvette » et leurs camionnettes. « On appelle la police, ils ne viennent pas. Ils ont des caméras. Mieux vaut fermer un marché, s’il n’y a pas de sécurité. On est incapable de gérer ça pourtant dans d’autres villes, ça se passe très bien. »

Si les tensions entre Robert Herrmann et les commerçants non sédentaires ne sont pas nouvelles, elles se compliquent avec la multiplication des marchés parallèles et des vendeurs à la sauvette. Ce qui implique aussi des problèmes de gestion des déchets. L’élu a même été interpellé à ce sujet lors du dernier conseil municipal.

Robert Herrmann contre-attaque en dénonçant les fortes pressions exercées sur les agents de la ville, les horaires non respectés, des bornes de sécurité « bloquées » pour laisser passer des camions… « La sur-occupation de l’espace amène un problème de sécurité pour l’accès aux pompiers. Le marché a été conçu avec les commerçants pour 80 commerces, rappelle Robert Herrmann. Depuis, nous avons très largement dépassé ce nombre. »

D’autres désaccords en perspective

L’élu insiste aussi sur le problème de la gestion des déchets. « La facture de collecte et de nettoyage prise en charge par la ville est exponentielle, détaille Robert Herrmann. Elle était de 400.000 euros en 2014 et s’élèvera 650.000 euros cette année, pour un volume de 1.000 tonnes non traités et qui sont à trier… » S’il reconnaît que la vente à la sauvette et les marchés aux puces « se développent de manière massive à Hautepierre », il rappelle que la ville a « besoin également de la solidarité des commerçants pour lutter contre ceux qui ruinent l’activité de ceux qui respectent les textes. » Peu importe, le courant entre ces commerçants et Robert Herrmann ne passe plus et les « clashs » sont réguliers dans la commission qui gère les 37 marchés de la ville.

Et de nouvelles complications sont à venir avec les demandes pour la période de Noël place Kléber. Les commerçants non sédentaires reprochent à l’élu des horaires et un nombre de places « trop restreint ». La prochaine commission promet d’être encore une fois animée.

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