Un collectif a ouvert ce dimanche 22 septembre un nouveau squat pour sans-abris et migrants dans des locaux du groupe Lidl, à Eckbolsheim.
Un collectif a ouvert ce dimanche 22 septembre un nouveau squat pour sans-abris et migrants dans des locaux du groupe Lidl, à Eckbolsheim. — N.W./20Minutes

LOGEMENT

Strasbourg : Des sans-abri et des migrants squattent un bâtiment de Lidl

Les lieux présenteraient un «risque sanitaire» pour les occupants, selon une source interne du groupe

  • Un collectif a ouvert dimanche un nouveau squat pour sans-abri et migrants, situé dans des locaux commerciaux de la zone commerciale d’Eckbolsheim.
  • Selon nos informations, les lieux appartiennent au groupe Lidl, qui compterait démolir l’ensemble pour un projet d’immobilier de magasins.
  • Une quarantaine de personnes occupent le bâtiment de 2.200 m2. Le collectif compte en accueillir une centaine et en faire un centre d’accueil pour sans-abri à terme.

Après l'occupation de l'ancien siège des brasseries Grüber dans le quartier de Koenigshoffen, à Strasbourg, un collectif a ouvert dimanche 22 septembre un nouveau squat, situé dans des locaux commerciaux de la zone commerciale d’Eckbolsheim, rue Ettore-Bugatti.

Un huissier de justice était présent avec des gendarmes de la brigade de Strasbourg mardi d’après-midi pour constater l’occupation des lieux. L’impressionnant bâtiment fait une surface de 2.200 m2 et possède de larges espaces verts laissés en friche, que le collectif voudrait transformer en jardins.

Le bâtiment présenterait un « risque sanitaire »

Les lieux ont abrité les locaux d’Alsatel puis le Centre de formation des apprentis de l’industrie sans que le propriétaire actuel ne soit connu jusqu’à présent. Selon nos informations, l’ensemble appartient depuis peu au groupe Lidl, qui a prévu de le démolir dans les prochaines semaines, ce que confirme une source interne de la société. « Cette occupation n’est pas une bonne nouvelle, commente cette source à 20 Minutes. Nous avions un très beau projet de magasins prévu et cette action ralentit considérablement les délais de mise en route des travaux. »

Autre problème selon cet interlocuteur, le bâtiment présenterait un « risque sanitaire » pour ses occupants. Le groupe Lidl aurait prévu de « gros travaux » de désamiantage et de dépollution avant même de lancer des travaux sur le terrain. C’est pourquoi la société serait sur le point d’engager une procédure d’expulsion. « Notre responsabilité ne serait être engagée par rapport à une occupation illégale des lieux », observe cette source.

« C’est mieux que la rue »

Une quarantaine de personnes sans domicile sont installées sur place pour l’instant, selon le collectif. L’un d’entre eux, Amadou*, est journaliste au Mali. Il a fui son pays après avoir reçu des menaces de mort en lien avec l’exercice de sa profession. Il est arrivé à Strasbourg il y a trois mois avec pour seul bagage sa carte de presse gabonaise, dernier pays où il a pu exercer son métier. « Je dormais sous un carton jusqu’à présent, raconte-t-il. Je n’ai pas hésité quand on m’a proposé de rejoindre ce bâtiment, c’est mieux que la rue. »

Comment le collectif a-t-il repéré ce bâtiment abandonné ? Ses membres préfèrent garder leur stratégie secrète pour éviter que les autorités ne déjouent d’autres potentielles occupations, selon l’un d’entre eux. Dans tous les cas, les militants ont pu constater que les locaux étaient inoccupés depuis plusieurs années. A terme, plus d’une centaine de personnes sont attendues sur les lieux. Notamment des migrants et des demandeurs d’asile expulsés du terrain des Canonniers par la ville de Strasbourg à la fin de l’été.

La commune d’Eckbolsheim, dont dépend le bâtiment occupé depuis dimanche, indique à 20 Minutes avoir appris que les lieux étaient occupés ce week-end, lorsque le collectif a dévoilé l’information à la presse. « Nous n’avons pas l’habitude de ce genre d’actions, indique Philippe Wolff, responsable de la communication de la mairie. La ville a un CCAS [centre communal d’action sociale] pour donner un coup de main aux gens en situation de précarité mais aucun centre d’accueil pour les sans-abri. » Le collectif espère que ce sera bientôt le cas avec ce nouveau squat.

*Le prénom a été changé à la demande l’intéressé