VIDEO. Strasbourg : L’incinérateur des ordures ménagères renaît de ses cendres

ENVIRONNEMENT Après trois années à l’arrêt, l’incinérateur du Rohrschollen à Strasbourg redémarre après de lourds travaux et devient une « unité de valorisation énergétique des ordures ménagères »

Gilles Varela

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L'unité de valorisation énergétique des ordures ménagères de l'eurométropole au port autonome de Strasbourg. Le 28 août 2019.
L'unité de valorisation énergétique des ordures ménagères de l'eurométropole au port autonome de Strasbourg. Le 28 août 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • L’ancien incinérateur du Rohrschollen à Strasbourg, à l’arrêt depuis trois ans, redémarre.
  • Après de lourds travaux, notamment de désamiantage et de dépoussiérage, et un coût total de l’opération de 200 millions d’euros, il est à présent dénommé « unité de valorisation énergétique des ordures ménagères ».
  • Le site permet non seulement d’incinérer les déchets mais aussi de fournir du chauffage et de l’électricité.

Après de nombreuses polémiques, le dossier « maudit » de l’incinérateur du Rohrschollen à Strasbourg démarre… une nouvelle vie après des problèmes d’amiante dénoncés lors d’un conflit social qui s’est éternisé, de mises aux normes, de renvois de responsabilités… Aujourd’hui, les trois fours du site sont à nouveau opérationnels après trois ans d’arrêt. Au prix fort cependant avec un surcoût dû au désamiantage et dépoussiérage mais aussi à des compensations pour les pertes d’exploitation, le détournement des déchets vers d’autres centres d’incinération pendant cette période et de lourds travaux. Au total, près de 200 millions d’euros.

Fallait-il relancer les trois fours ? Aujourd’hui encore des polémiques subsistent sur cette réouverture. « L’incinération apparaît comme une méthode obsolète, coûteuse et néfaste pour l’environnement et notamment la qualité de l’air, assure la sénatrice et conseillère municipale de l’opposition Fabienne Keller. D’autres techniques de valorisation des déchets existent et auraient pu être expérimentées pendant la période de fermeture de l’usine. » Une ultime polémique jugée « stérile » et balayée de la main par le président de l’Eurométropole Robert Herrmann qui visitait mercredi les lieux en compagnie de la direction du site Sénerval et Joël Séché, président du groupe Séché Environnement.

Une appellation dans l’air du temps

A présent, l’usine devient une « unité » qui « valorise » les ordures ménagères. En clair, toutes celles qui sont non recyclables de l’Eurométropole. Et ce n’est pas rien, cela représentait plus de 242.000 tonnes de déchets avant la découverte de l’amiante en 2014. Aujourd’hui, l’accent est mis sur de la valorisation des déchets mais aussi sur les nombreux contrôles et d’un système de mesure continue.

L’unité « laverait donc plus blanc que blanc » et serait l’une « des plus performantes de France ». Le site est placé sous le contrôle de l’Etat, la DREAL procède ainsi à des contrôles réguliers, inopinés. Des mesures sont effectuées en continue par Sénerval et transmises à la DREAL, et toutes les analyses réglementaires sont faites par des laboratoires indépendants agréés assure la direction. Le site est équipé d’un dispositif d’épuration des rejets atmosphériques, les eaux, même souterraines, sont analysées.

L'unité de valorisation énergétique des ordures ménagères de l'eurométropole au port autonome de Strasbourg. Le 28 août 2019.
L'unité de valorisation énergétique des ordures ménagères de l'eurométropole au port autonome de Strasbourg. Le 28 août 2019. - G. Varela / 20 Minutes

Autonome énergétiquement en vapeur et en électricité, elle permet aussi d’alimenter un réseau de vapeur industriel de 4,3 km qui dessert trois industriels locaux, proches du site. L’unité alimente le réseau de chaleur urbain soit près de 17.000 équivalents logements et permet aux usagers de bénéficier d’un taux de TVA réduit. La valorisation des déchets fournit également le réseau d’électricité de Strasbourg à hauteur de 50 GWh/an. Chaleur, électricité, vous ne verrez peut-être plus la grande cheminée du site, le deuxième point le plus haut de l’eurométropole, du même œil à présent…