Strasbourg: Les trottinettes électriques en libre-service, «ce n'est pas demain la veille»

CONSOMMATION Les trottinettes électriques en libre-service ne sont pas prêtes de gagner les rues de Strasbourg. Elus comme associations veulent au maximum cadrer leur arrivée

Thibaut Gagnepain

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Des trottinettes sur un trottoir à Paris (illustration).
Des trottinettes sur un trottoir à Paris (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes
  • A Paris, Toulouse, Bordeaux et dans de nombreuses autres villes, les trottinettes en libre-service sont installées, mais pas à Strasbourg.
  • La ville alsacienne veut éviter un déploiement sauvage de ces engins.
  • « On encourage les mobilités actives. La trottinette électrique n’en fait pas partie », explique aussi la ville.

Des trottinettes électriques stationnées un peu partout dans la ville, parfois n’importe comment, et des municipalités obligées de légiférer dans l’urgence. C’est arrivé près de chez vous. A Paris, Toulouse, Bordeaux et dans de nombreuses autres villes. Mais pas à Strasbourg !

La capitale alsacienne freine depuis des mois pour éviter un déploiement sauvage de ces engins qui peuvent atteindre les 30 km/h. En janvier dernier, une redevance d’occupation de l’espace public avait déjà été annoncée : 7 euros par an et par trottinette en free floating (contre 20 euros par an pour les vélos). L’idée ? Réduire le nombre d’opérateurs privés potentiellement intéressés.

« La trottinette ne fait pas partie des mobilités actives »

Ça ne les a pas franchement dissuadés. « On a été contacté par quasiment tous ceux du marché », révèle Jean-Baptiste Gernet. L’adjoint au maire en charge des mobilités alternatives n’a fermé la porte à personne. Mais il ne l’a pas beaucoup ouverte non plus. « Nous, on encourage les mobilités actives. La trottinette électrique n’en fait pas partie même si c’est une alternative à la voiture, insiste-t-il. On veut mettre un cadre précis pour éviter des désagréments aux piétons et aux cyclistes. »

En clair, il est surtout question de définir les zones où les trottinettes électriques auront le droit (ou non) d’aller, où elles pourront être posées et à quelle vitesse elles pourront circuler. « On ne veut pas de 20 km/h dans les zones piétonnes ! », lance l’élu, qui a rencontré plusieurs associations afin de rédiger avec elles cette espèce de cahier des charges.

« Inadapté à la cohabitation avec les piétons et les cyclistes »

« Oui, on a eu une réunion », confirme Gilles Huguet, le président de Piétons 67. « Nous, notre position est simple : on ne veut pas de trottinettes sur les trottoirs. Déjà qu’on a des bicyclettes qui ne devraient pas y être… » Un avis partagé par Fabien Masson, le directeur de CADR 67, une association de promotion de la pratique du vélo : « Nous aussi, nous sommes contre, indique-t-il. Leur mode totalement passif et dangereux nous semble inadapté à la cohabitation avec les piétons et les cyclistes. »

« On va voir ce qu’il est possible de mettre ou non dans cet appel à initiatives privées », synthétise Jean-Baptiste Gernet, en annonçant que ce document devrait être « finalisé dans les semaines à venir. » Ça ne veut pas dire qu’il sera effectif dans la foulée et que les opérateurs privés pourront s’implanter rapidement.

« Peut-être qu’il ne sera pas publié sous le mandat de l’équipe actuel mais après les prochaines élections municipales (en mars)… », avoue l’adjoint au maire en charge des mobilités alternatives. Avant de conclure : « Oui, ce n’est pas demain la veille qu’il y aura des trottinettes électriques en libre-service à Strasbourg. »