Strasbourg: On peut désormais se garer sur les places de livraison

STATIONNEMENT Depuis lundi après-midi, les places de livraisons de l’ellipse insulaire de Strasbourg pourront être occupées par les automobilistes, sous réserve de payer leur stationnement

Gilles Varela

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Les places de livraisons sont en stationnement payant dès 11h30 dans l'hypercentre de Strasbourg. Le 8 juillet 2019.
Les places de livraisons sont en stationnement payant dès 11h30 dans l'hypercentre de Strasbourg. Le 8 juillet 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • Toutes les places de livraison situées dans l’hypercentre de Strasbourg sont à présent ouvertes au stationnement payant de 11h30 à 19h.
  • La ville veut optimiser ces places qui étaient libres dès 11h30, car les livraisons sont interdites dans l’ellipse insulaire ensuite.
  • Une mesure appréciée par les commerçants, même si un élu de l’opposition dénonce une « hypocrisie », après la disparition de nombreuses places de stationnement au profit de l’installation d’arceaux à vélos.

« C’est une nouveauté à Strasbourg, des places de stationnement à "géométrie variable" sont expérimentées dans l’ellipse insulaire de la ville », s’est félicité lundi le maire, Roland Ries. Une annonce présentée rue du Vieux-Marché-aux-Poissons comme un événement de première importance. Avec invitation faite à la presse et à la direction de l’association des commerçants Les Vitrines de Strasbourg. Le tout avec micro portatif et dévoilement d’une plaque… de signalisation. Depuis ce lundi après-midi, en effet, toutes les places de livraison de l’hypercentre (uniquement) sont ouvertes au stationnement payant de 11h30 à 19h.

86 places de stationnement supplémentaires 

Au total, cela représente 86 places, soit 1/10 des places de stationnement de l’ellipse insulaire. « C’est loin d’être négligeable, s’est défendu le maire. Je me demande même pourquoi on n’y a pas songé avant. » Une disposition rendue possible avec le changement, depuis 1er septembre 2018, des règles d’accès au centre-ville pour les livraisons, a indiqué l’élu Jean-Baptiste Gernet. Une annonce qui a suscité les applaudissements de passants, et même l’arrêt d’un taxi, lequel a félicité le maire. Avec le soleil, les sourires se lisaient sur les visages. Le responsable de l’association des commerçants, Pierre Bardet, s’est ainsi réjoui de « cette très très bonne nouvelle », sans oublier toutefois de rappeler au maire la promesse d’un parking en ouvrage, « cette Arlésienne ».

Les places de livraisons sont en stationnement payant dès 11h30 dans l'hypercentre de Strasbourg. Le 8 juillet 2019.
Les places de livraisons sont en stationnement payant dès 11h30 dans l'hypercentre de Strasbourg. Le 8 juillet 2019. - G. Varela / 20 Minutes

Est-ce de l’argent supplémentaire pour compenser la baisse des revenus des forfaits post-stationnement (FPS) ? « Pas du tout, a répondu le maire. S’il y a une baisse des rentrées, c’est parce que les gens paient leur stationnement, sont en règles. Il en sera de même sur ces places, c’est juste une offre supplémentaire. » Ce système sera expérimenté pendant six mois et il est réversible. Une optimisation de l’espace qui est aussi, « un peu, une forme de compensation, pour rééquilibrer les choses, a concédé le maire. On nous a assez reproché d’avoir mis trop d’arceaux à vélo. »

« C’est tellement hypocrite, a confié à 20 Minutes l’élu d’opposition Thierry Roos. Pourquoi avoir supprimé autant de places de stationnement en voirie, en mettant des arceaux à vélo sur les places de stationnement, pour en proposer quelques-unes sur les places de livraison, utiles aux commerçants et aux professionnels ? Ce manque de places est rédhibitoire pour les périurbains, insiste Thierry Roos. Les artisans ne veulent plus venir, ceux qui nourrissent la ville n’ont pas de tarif préférentiel. A force de rendre quotidiennement la vie difficile aux concitoyens au lieu de les accompagner, les petits tracas s’accumulent et cela cause de grands maux ».

Nul doute, les questions de mobilités seront au cœur de la campagne des élections municipales. Celle-ci n’aurait-elle d’ailleurs pas déjà commencé ?