Strasbourg: Un projet immobilier vient en aide aux personnes vulnérables

SOLIDARITE Un promoteur propose un hébergement d’urgence temporaire pour les personnes vulnérables avec l’aide de l’Etat, de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg

Gilles Varela

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Une famille hébergée dans l'ancienne clinique Sainte Odile à Neudorf, le 2 juillet 2019.
Une famille hébergée dans l'ancienne clinique Sainte Odile à Neudorf, le 2 juillet 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • Un projet d’accueil temporaire dans l’ex-clinique Sainte Odile à Neudorf lancé par un promoteur privé, Eddy Vingataramin, permet d’accueillir des personnes vulnérables en attendant le lancement des travaux.
  • Le promoteur, qui a su fédérer autour de son idée l’Etat, la ville et l’Eurométropole de Strasbourg, souhaite « créer un choc de l’hébergement d’urgence ».

Ils ont un statut de réfugié mais n’ont pas de toit sur la tête. En attendant de s’insérer dans la société, près de 80 personnes, dont des enfants, bénéficient d’une initiative novatrice : un projet d’accueil temporaire, des « logements intercalaires » dans un bâtiment acheté en 2015 par un promoteur privé, Eddy Vingataramin, en attendant le lancement des travaux. Le lieu ? La clinique Sainte Odile à Neudorf.

Cette bâtisse tombée peu à peu en ruine depuis le déplacement des activités à la clinique Rhéna au port du Rhin, accueillera bientôt des logements de haut standing. En attendant, pendant cette période d’inoccupation du bâtiment, le promoteur a proposé à l’Etat, la ville et l’Eurométropole de Strasbourg de se fédérer autour d’un projet d’accueil temporaire pour les personnes vulnérables.

Ce jeune entrepreneur se dit « très concerné par l’importance sociale de son métier » et explique « avoir été alerté par l’appel du maire », demandant au plus grand nombre d’accueillir des réfugiés, les personnes à la rue. Il a donc annulé les réservations de vente et financé des aménagements basiques afin de rendre habitables des petits espaces et certaines parties communes du bâtiment.

Déjà 80 personnes

C’est ainsi que depuis début avril, près de 80 personnes, qui bénéficient notamment du statut de réfugié, ont pu intégrer des chambres, reconfigurées en appartements pour certaines, avec l’accompagnement de l’association l’Etage. Elles y habiteront jusqu’au début des travaux, soit environ 18 mois, avant d’intégrer des logements pérennes.

Pour aller au-delà du problème de logement, un accompagnement culturel, porté par l’association Horizhome, permet, à travers des ateliers, de mieux préparer leur future réinsertion sociale. Des artistes seront d’ailleurs en résidence prochainement et proposeront des projets en lien avec les résidents.

Le bâtiment acheté par le promoteur immobilier Eddy Vingataramin du Groupe 4V et mis à disposition des familles vulnérables en attendant les travaux. Le 01 juillet 2019.
Le bâtiment acheté par le promoteur immobilier Eddy Vingataramin du Groupe 4V et mis à disposition des familles vulnérables en attendant les travaux. Le 01 juillet 2019. - G. Varela / 20 Minutes

« Créer un choc de l’hébergement d’urgence »

L’idée pourrait faire son chemin. C’est en tout cas l’espoir formulé par Eddy Vingataramin qui souhaite « créer un choc de l’hébergement d’urgence » et espère voir transposer ce dispositif dans d’autres bâtiments inoccupés de la ville. Il lance un appel en ce sens aux autres promoteurs. « On compte 500 personnes qui meurent chaque année dans la rue et parallèlement on a beaucoup de bâtis qui sont vides, et qui sont en attente d’appel à projet », déplore Eddy Vingataramin.

« Entre la remise des offres, des discussions, les démarches pour déposer le permis et purger les recours, on a bien souvent un temps de latence de deux à cinq ans. Il faudrait que les collectivités et les promoteurs puissent travailler plus rapidement afin de faire des travaux d’urgences et pouvoir héberger des personnes en attendant le début des travaux. » Une initiative qui semble séduire la ville et qui pourrait concerner d’autres bâtiments, afin d’anticiper la période hivernale.