Strasbourg: Comment l'avenue du Rhin se prépare à accueillir 20.000 nouveaux habitants

PLANETE Une mission d’information et d’évaluation sur l’avenue du Rhin à Strasbourg, empruntée par 45.000 véhicules chaque jour, propose de la transformer en trois étapes

Gilles Varela

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Illustration. Circulation avenue du Rhin à Strasbourg le 23 04 2012.
Illustration. Circulation avenue du Rhin à Strasbourg le 23 04 2012. — G. VARELA /20 MINUTES
  • Une mission d’information et d’évaluation sur les perspectives de l’avenue du Rhin à Strasbourg préconise des solutions afin de réduire les nuisances sonores et la pollution.
  • Limitation des poids lourds, contrôles renforcés pour faire respecter un arrêté municipal, aménagements, végétalisation de l’avenue, développement du transport en commun, informations… Autant de préconisations qui visent à « apaiser » d’ici à 2030 l’avenue empruntée actuellement par 45.000 véhicules jour.

Difficile d’ignorer que l’avenue du Rhin, quasiment coincée entre la sortie de l’A35 et l’Allemagne, suffoque sous le passage de 45.000 véhicules par jour. Véritable épine dans le pied du Plan climat 2030 pour Strasbourg, cet axe qui encadre au sud le centre de la ville focalise toutes les attentions. Et ce n’est pas la forte densification en logement, une « sur-bétonisation » de l’avenue décriée par plusieurs élus, qui va faciliter les choses. Avec l’arrivée des quartiers et projets Danube, Starlette, des Deux-Rives, ce sont environ 20.000 résidants qu’il faudra ajouter d’ici à 2030. De quoi congestionner un peu plus encore l’avenue, même si le Grand contournement ouest (GCO) pourrait en 2021 alléger le trafic de l’A35 et de facto de l’avenue du Rhin…

Aussi, une mission d’information et d’évaluation sur les perspectives de l’avenue du Rhin a planché depuis la fin de l’année 2018 pour proposer des solutions afin de protéger les habitants de la pollution, des nuisances sonores et des risques d’accidents, notamment pour les piétons et les écoles voisines. Plus de 21 préconisations au total, à court, moyen, et long terme seront en discussion dès lundi au conseil municipal.

Le transit des poids lourds en question

Dans l’immédiat, Camille Gangloff, adjointe au maire, présidente et rapporteuse de la mission, explique qu’il est préconisé de rendre effective l’interdiction de transit des poids lourds. « Sur les 45.000 véhicules/jour, environ 2.500 à 3.000 poids lourds circulent sur l’avenue dont 25 % d’entre eux en transit, qui n’ont rien à faire dans Strasbourg », détaille la rapporteuse.

Depuis 2012 en effet, un arrêté municipal leur interdit de circuler. Mais cela est peu, voire pas du tout respecté. Principales difficultés rencontrées : le manque d’aires de stationnement pour « mettre de côté » les véhicules contrôlés et la difficulté d’identifier les véhicules réellement en transit. A cela s’ajoute une amende de 22 euros, peu dissuasive.

Des contrôles facilités et renforcés

La mission propose donc de saisir l’Etat afin d’obtenir une requalification de l’amende, mais surtout d’étendre la zone de restriction jusqu’au passage du pont vers Kehl, là où se trouve une aire suffisante pour effectuer les contrôles sur le site de l’ancienne douane. Elle réclame aussi de multiplier les contrôles… Et pour éviter de perdre du temps dans des lourdeurs administratives et d’attribution des compétences, ces derniers seraient effectués, dans un premier temps, par la police municipale. Autre idée de la mission, installer des radars mais aussi lancer une expérimentation de vidéo contrôle automatisé. Il est également proposé d'interdire le trafic de tous les camions de nuit dès 22h, et dès le premier jour des pics de pollution.

Autre constat, 40 % des camions qui partent du port autonome de Strasbourg ne sortent pas de la ville. « Il faut réfléchir sur la logistique depuis le port et s’appuyer sur des plateformes logistiques existantes », détaille l’écologiste Françoise Schaetzel, autre rapporteuse de la mission.

Changer les habitudes

Les autres mesures préconisées concernent principalement l’information sur les interdictions afin de favoriser des itinéraires alternatifs, avec des panneaux côtés allemand et français, ainsi qu'une actualisation des systèmes GPS, mais aussi le renforcement des transports collectifs en optimisant le tram D et en ouvrant la gare du Port du Rhin, sans oublier la végétalisation des abords de l’avenue.

Dans un deuxième temps, l’objectif est de réduire la circulation pour que la qualité de l’air aux abords de l’avenue soit conforme aux normes OMS d’ici 2025, d’interdire le diesel et à l’horizon 2030 de « faire de l’avenue du Rhin un axe apaisé » en interdisant les poids lourds, et enfin de passer à 2x1 voies, au lieu de deux aujourd’hui.

Reste au maire Roland Ries et à l’exécutif strasbourgeois de tenir compte, ou pas, de ces préconisations dès ce lundi…