Strasbourg: Pas de nuage pour les installations photovoltaïques citoyennes

ENERGIE Pour favoriser la transition énergétique, la ville et des associations encouragent le développement d'installations photovoltaïques citoyennes sur les toits de l’agglo

Gilles Varela

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Panneaux photovoltaïques installés sur le toit d'un garage à Strasbourg
Panneaux photovoltaïques installés sur le toit d'un garage à Strasbourg — G. Varela / 20 Minutes
  • Strasbourg et des associations écocitoyennes encouragent les habitants à développer des installations photovoltaïques sur les toits de la ville à travers des sociétés à projet.
  • Le développement de centrales solaires citoyennes fait parti du «mix énergétique» qui permettrait d’atteindre l’objectif 100 % énergies renouvelables 2050, et s’engager dans la neutralité carbone.

Beau temps à l’horizon pour les premières centrales solaires citoyennes à Strasbourg. Si vous souhaitez être producteurs d’électricité, devenir sociétaire d’une coopérative qui installe, finance et exploite de petites et moyennes centrales solaires sur les toits de la ville, c’est à présent vivement encouragé, voire facilité.

L’objectif reste la maîtrise de la consommation d’énergie, mais l’idée est de créer des petites sociétés de projets pour développer les centrales solaires photovoltaïques citoyennes en mobilisant l’épargne des particuliers volontaires. Si des centaines de structures existent outre-Rhin, en Alsace, cela reste du fait principalement des milieux ruraux à travers les centrales solaires villageoises qui se développent, comme un peu partout en France.

Aussi, la ville de Strasbourg veut lancer le projet en ses murs et a mandaté Alter Alsace énergie, tout en s’appuyant sur d’autres associations écocitoyennes comme la Chambre de consommation d’Alsace, Eco quartier Strasbourg mais aussi, au niveau national, Energies partagée.

Lancer une dynamique

« L’idée est que les citoyens redeviennent acteur de leur consommation, se reprennent en main et que chacun puisse devenir producteur d’énergie, n’attendant pas que tout vienne d’en haut », explique l’adjoint au maire Alain Jund, en charge de la transition énergétique. Concrètement, le principe repose sur la création de sociétés, des SAS (société par actions simplifiées) car cela est rapide et simple, qui financent et gèrent des installations locales de production d’électricité photovoltaïque. « Cela peut être par exemple des habitants d’une rue, qui se regroupe pour, par exemple, installer une centrale photovoltaïque sur le toit de l’école de quartier, image Alain Jund. Plus qu’une rentabilité économique, c’est surtout c’est un signe important, la capacité de faire ensemble et d’inciter, et c’est pédagogique pour les plus jeunes. »

Des panneaux solaires installés sur un toit. Illustration.
Des panneaux solaires installés sur un toit. Illustration. - PixaBay

Et pour cela, les associations pourront conseiller les particuliers pour lancer les démarches, étudier la faisabilité d’un projet. Mais « attention, prévient Alain Jund. Il faut que ce soit simple, que le toit ne nécessite pas de travaux dans les cinq ans et qu’il ne soit pas en zone qui nécessite l’avis des Architectes de France. » De son côté, la ville avec son cadastre solaire en ligne, permet déjà à tous de voir quel est le potentiel des toits de Strasbourg. Elle a d’autre part identifié quatre sites qui pourraient faire l’objet d’installations de panneaux photovoltaïques et qu’elle met à disposition. Il s’agit de la halle du marché de Neudorf, de l’Ares, de l’école de la Musau et de l’école Léonard De Vinci à l’Elsau.

A l’inverse, une société, un commerce, peut aussi proposer son toit à louer ou le mettre à disposition gracieusement afin d’y installer une centrale solaire citoyenne. Car plus qu’une rentabilité financière, c’est surtout impulser une dynamique autour de la transition énergétique qui est recherchée.