Alsace : Pourquoi les châteaux forts de la région sont si mal connus

PATRIMOINE Sur les 150 châteaux forts que compte l’Alsace, seule une poignée est connue des Alsaciens et des touristes

Nils Wilcke

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Château du Haut Koenigsbourg. (Archives)
Château du Haut Koenigsbourg. (Archives) — G . VARELA / 20 MINUTES
  • La région compte des dizaines d’édifices sur son territoire.
  • Mais certains sont en ruines, à flanc de montagnes ou nichés au cœur d’une forêt.
  • Des associations se mobilisent pour faire vivre ce riche patrimoine.

Ah l’Alsace, sa choucroute, ses vins blancs, ses terroirs… Et ses châteaux forts. Plus de 150 d’entre eux sont encore visibles dans la région. Ce n’est pas pour rien que de grandes sagas cinématographiques  comme « Le seigneur des anneaux » s’en sont inspirées.

Plus de 80 édifices sont recensés sur 450 km, de Wissembourg à Thann, par l'association Châteaux forts d'alsace. Pourtant, ce patrimoine reste encore largement méconnu tant par les touristes que par les Alsaciens eux-mêmes. « Dans le regard des habitants, il n’y a qu’un château qui compte, c’est le Haut-Koenigsbourg », déplore le président de l’association, Guillaume d’Andlau, propriétaire du château de ses ancêtres.

« L’Alsace est le pays des châteaux forts »

Construit à 451 mètres d’altitude, le Haut-Andlau domine les vallées d’Andlau et de la Kirneck depuis le XIIIe siècle. L’actuel comte d’Andlau a repris le destin du château en main après l’écroulement du mur d’enceinte en 1998. « L’Alsace, c’est le pays des châteaux forts », explique-t-il. Mais comment expliquer que cet incroyable patrimoine soit méconnu ?

A en croire Guillaume d’Andlau, cet oubli collectif n’est pas la faute des autorités : « L’Etat et les collectivités sont plutôt à l’écoute, nous ne sommes pas abandonnés, même si on peut toujours faire plus ». L’explication serait plutôt à chercher du côté de l’état de ces châteaux. Certains ne sont plus que ruines à flanc de montagnes ou au cœur des forêts. « C’est sûr qu’un tas de pierre fera moins rêver qu’un château restauré », avance-t-il.

Des associations de bénévoles au taquet

Lui ne voit que des avantages à cette naturalisation des édifices. « Un château en forêt, c’est romantique, on peut y accéder en faisant une randonnée et l’accès est le plus souvent gratuit ». D’autant qu’une myriade d’associations locales se sont emparées de la réhabilitation de ces édifices, plus ou moins bien conservés, ces dernières années.

Ainsi, les Compagnons du Château du Hohnack préparent-ils une fête médiévale prévue le 9 juin prochain. Depuis six ans, les châteaux ont leur propre journée de fête, chaque 1er mai. Cette année, 34 édifices ouverts au public ont proposé des animations. C’est le cas aussi au château du Kagenfels, à Obernai, où douze bénévoles prennent soin des ruines par tous les temps.

Dans le massif vosgien, le château du Guirbaden est même passé sur la liste des édifices du  Loto du patrimoine. « C’est un mouvement qui part des gens d’eux-mêmes, observe Guillaume d’Andlau, c’est d’autant plus admirable ». Un travail titanesque qui permet de préserver la légende des châteaux d’Alsace.