Strasbourg: La vidéo-verbalisation, nouvelle arme des cyclistes et piétons?

SECURITE La vidéo-verbalisation entre en vigueur ce lundi, à Strasbourg. Objectifs avancés : améliorer la sécurité des usagers de l’espace public mais surtout lutter contre les « incivilités croissantes » et le stationnement gênant voire dangereux, surtout pour les cyclistes

Gilles Varela

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Le Sirac à Strasbourg.
Le Sirac à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • Les agents de la police municipale gardent un œil affûté sur la façon de circuler, de stationner des automobilistes à Strasbourg.
  • Depuis le Service de l’information et de la régulation automatique de la circulation (Sirac), ils utilisent 143 caméras sur les 200 en service dans la ville.
  • Le stationnement d’un automobiliste sur une piste cyclable ou sur un trottoir peut coûter cher : jusqu’à 135 euros.
  • Si les lieux concernés par la vidéo-verbalisation n’ont pas été dévoilés pour l’instant. On sait qu’il s’agira des axes et des intersections accidentogènes de Strasbourg.

Automobilistes, attention : depuis ce lundi, la vidéo-verbalisation sur Strasbourg est effective et c’est votre porte-monnaie qui pourrait en souffrir si vous ne respectez pas à la lettre le Code de la route. Comme dans plusieurs villes françaises, les agents de la police municipale gardent un œil affûté sur votre façon de circuler, de stationner depuis le Service de l’information et de la régulation automatique de la circulation (Sirac). Et la ville a décidé de frapper fort. Sur les 200 caméras du Sirac à Strasbourg dédiées à la gestion du trafic et à la Sécurité routière, près de 143 vont être utilisées à cet effet.

Une minute d’inattention peut coûter cher

Le principe ? Un agent de la police municipale, qui constate une infraction depuis son écran de contrôle place de l’Etoile, localise le lieu de l’infraction sur la vidéo, zoome sur la plaque d’immatriculation à l’aide d’un joystick pour avoir une vue d’ensemble et valide l’infraction. Game over pour le contrevenant. Temps de l’opération : à peine une minute. Une minute ? C’est aussi « l’excuse la plus souvent donnée par un automobiliste pour justifier un stationnement en double file, ou sur une piste cyclable », déplore Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire, en charge des mobilités douce. Une minute qui peut coûter cher : jusqu’à 135 euros pour un stationnement sur une piste cyclable ou sur un trottoir.

Pour l’heure, les deux cibles prioritaires sont en effet le stationnement interdit ou gênant, l’usage de voies et chaussées réservées à certains véhicules comme les couloirs de bus. Puis dans un second temps, le non-respect des sas vélos, soit 35 euros d’amende.

Pour justifier cette vidéo-verbalisation, la ville met en avant la nécessité de protéger les cyclistes, les « remontées des usagers en ce sens étant particulièrement nombreuses », précise Jean-Baptiste Gernet. La ville rappelle que le nombre d’accidents impliquant au moins un cycliste s’élève à cent, soit 14 de plus que l’année précédente. Et cinq de plus, soit 79, impliquent des accidents avec au moins un piéton.

Pour l’heure, les secteurs concernés ne sont pas communiqués. Mais la centaine de petits panneaux indiquant les caméras constitue autant d’indices pour les usagers. On sait qu’il s’agira des axes et des intersections accidentogènes de Strasbourg comme l’avenue de Colmar, des Vosges, mais aussi sur les quais… L’idée n’est pas de faire du chiffre, mais de changer les comportements, il faut protéger les cyclistes », affirme Jean-Baptiste Gernet.

Eviter les dérives sécuritaires excessives

Une vidéo-verbalisation qui alerte l’Automobile club association (ACA). « C’est très bien pour les comportements dangereux, qu’il faut absolument condamner. Mais il faut aussi éviter les dérives sécuritaires excessives », souligne son porte-parole national Yves Carrat. « Et cela pour tous les usagers de la route et pas seulement les automobilistes. Vu l’augmentation du nombre d’accidents impliquant des cyclistes ou des piétons, au regard du nombre toujours plus important de pratiquants, il faudrait davantage de prévention, de sensibilisation auprès de ces nouveaux usagers qui ne sont, il faut le souligner, que trop rarement sanctionné. Et ne pas faire payer que les automobilistes. »

En attendant, une commission de suivi et d’évaluation est mise en place. Un premier bilan sera fait après six mois de fonctionnement et une présentation tous les six mois d’un bilan à la commission sécurité routière et annuellement à la commission plénière de la ville.