Strasbourg: Argent, compétition, pistes cyclables, comment rendre plus sympa le trajet à vélo jusqu’à son boulot?

TRANSPORTS En dix ans, le challenge «Au boulot à vélo» à Strasbourg a réussi à convaincre les «vélotafeurs»

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Argent, compétition, pistes cyclables, comment rendre le trajet jusqu'à son boulot à vélo plus sympa (Archives)
Strasbourg: Argent, compétition, pistes cyclables, comment rendre le trajet jusqu'à son boulot à vélo plus sympa (Archives) — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Le challenge «Au boulot à vélo» va fêter ses dix ans du 3 au 30 juin dans l'agglomération strasbourgeoise. 
  • La compétition oppose des équipes issues d’entreprises, associations ou administrations qui doivent cumuler le plus grand nombre de kilomètres effectués à bicyclette sur des trajets domicile-travail et/ou professionnels.
  • Amusement, infrastructures et argent... Comment rendre le trajet domicile-trajet plus plaisant?

Selon la confidence d’un de ses organisateurs, lors de sa première édition, le challenge « Au boulot à vélo » comptait neuf participants dans toute l’Alsace. Dix ans après, l’événement recentré sur l’Eurométropole de Strasbourg peut se targuer d’attirer près de 300 établissements soit plus de 8.000 cyclistes.

L’édition 2019 se déroulera du 3 au 30 juin toujours sur le même principe : la compétition oppose des équipes issues d’entreprises, associations, administrations ou collectivités qui doivent cumuler le plus grand nombre de kilomètres effectués à bicyclette sur des trajets domicile-travail et/ou professionnels. Toutes les idées sont bonnes pour convaincre les salariés à se mettre en selle, alors comment rendre les trajets domicile-travail plus sympas à vélo ?

Une dose de fun

Pédaler toujours sur le même chemin, ça peut vite être monotone. « Au boulot à vélo » a transformé ce trajet en une compétition. Et pour convaincre les uns et les autres de jouer le jeu, l’agglomération strasbourgeoise et l’association Cadr67 font preuve de créativité : les kilomètres effectués le lundi comptent double, un « jour mystère » multipliera par sept les distances parcourues par les équipes et, entre autres encore, une chasse aux balises va conduire les « vélotafeurs » sur toutes les pistes cyclables de l’Eurométropole.

Et parce que plus on est de fous (du guidon) plus on rit, les établissements cherchent à favoriser les déplacements à vélo en groupe : Atmo Grand Est et Lilly ont par exemple nommé des sortes d’ambassadeurs pour conduire leurs collègues sur les pistes cyclables. Invités par des collègues à rejoindre le mouvement, environ 500 salariés ont été convaincus et sont devenus de nouveaux cyclistes réguliers grâce au challenge en 2017, selon une étude de Cadr67. Il faut dire que plusieurs établissements profitent de l’événement pour mettre en place leurs propres initiatives. Sébastien Gradler d’EdInstitut cite en exemple le séminaire de l’entreprise de conseil en marketing, qui organisé à 60 kilomètres de Strasbourg, sera rejoint par les salariés à vélo.

De bonnes infrastructures

Pour que les « vélotafeurs » se plaisent dans l’agglomération, il faut que le terrain de jeu soit de qualité. Et de quantité : « Quand on crée une voirie, il faut systématiquement qu’il y ait une piste cyclable à proximité », rappelle le président de l’Eurométropole Robert Herrmann.

A l’intérieur des entreprises ou administrations, les équipements doivent être présents aussi. Daniel Parmentelot, responsable HSE chez Lilly, indique que dans les locaux du laboratoire pharmaceutique qui compte une centaine de cyclistes réguliers, un parc à vélos couvert et des vestiaires avec casiers et douches ont été installés. Des capes de pluie sont mises à disposition et l’entreprise fait par ailleurs venir un réparateur à vélo sur site une fois par semaine.

Un peu plus d’argent

Les récompenses c’est bien. D’ailleurs le directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg est très fier du Pédalier d’Or raflé par l’établissement qui trône dans son bureau. Mais les aides financières c’est mieux. Du moins, pour convaincre celles et ceux qui utilisent leur voiture ou les transports en commun pour venir au travail. Robert Herrmann veut l’encourager : « On ne peut y arriver que si les entreprises et administrations sont volontaires. Il faudra peut-être aussi un jour changer de système d’indemnisation : aujourd’hui encore ces frais sont encore rarement pris en compte. Les sociétés pourraient peut-être aider à l’achat des vélos. »

Daniel Parmentelot confirme que chez Lilly, dans la limite fixée par la loi de 200 euros par an, les indemnités kilométriques à vélo sont plus importantes que pour la voiture (environ 15 centimes d’euros en plus). « L’indemnisation c’est un long combat qu’on mène pour qu’elle soit la plus obligatoire et la plus généralisée possible, assure l’élu strasbourgeois Jean-Baptiste Gernet, vice-président du Club des villes et territoires cyclables. Après il y a le débat de savoir à partir de quelle taille d’entreprise il faut le mettre en place. Mais puisqu’on le fait déjà pour la voiture voire pour les transports en commun… »