Alsace: Des «gilets jaunes» installent des QG mobiles après les incendies

MOBILISATION Face à des incendies de plusieurs campements en Alsace, des « gilets jaunes » ont trouvé une solution originale pour poursuivre leurs actions sur le terrain 

Nils Wilcke

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Le QG mobile des « gilets jaunes » de Molsheim.
Le QG mobile des « gilets jaunes » de Molsheim. — « Gilets Jaunes » Molsheim
  • A Molsheim, le groupe de « gilets jaunes » a dû quitter le terrain qu'il occupait à cause des risques d'incendies et de la décision de la mairie. 
  • Ces « gilets jaunes » ont mis au point un QG mobile qui leur permet de conserver un lieu de réunion et de poursuivre leurs actions. 

Chez certains « gilets jaunes » alsaciens, l’inquiétude a fait place à la colère après les incendies à répétition de leurs QG ce week-end. Deux campements sont partis en fumée dans la nuit du 17 au 18 mai à Horbourg-Wihr, près de Colmar et à Erstein, au sud de Strasbourg. Ces sinistres mettent aussi les manifestants face à la précarité de leurs points de réunion et de ralliement.

Pourtant, ce ne sont pas des squatteurs. Les « gilets jaunes » d’Erstein et ceux d’Horbourg-Wihr occupent des terrains privés avec l’autorisation de leur propriétaire. A Erstein, ce dernier a d’ailleurs déposé plainte contre X pour dégradation le 19 mai avec les manifestants, comme 20 Minutes a pu le vérifier auprès de la brigade de gendarmerie de Sélestat.

Une cabane fracturée à deux reprises

A Molsheim, la quarantaine de « gilets jaunes » du secteur occupait un terrain mis à disposition par le maire de la ville. « J’étais sensible à leurs revendications, affirme le maire de Molsheim, Jean-Michel Weber. Mais il était clair dès le départ que cela devrait être temporaire », précise l’édile. Les premiers incendies qui ont détruits des campements à Colmar et la nécessité de trouver un nouvel emplacement les ont conduits à quitter le terrain qu’ils occupaient jusqu’à présent.

D’autant que la cabane qu’ils avaient installée sur le terrain communal a été « visitée » à au moins deux reprises, assure Véronique, une « gilet jaune » du groupe. « Nos provisions ont été mangées, des bouteilles d’alcool ont été abandonnées… Sans doute des squatteurs », affirme-t-elle. Entre les incendies des autres QG et ces « visites nocturnes », les manifestants ont préféré plier bagage.

Deux caravanes et un barbecue

« Nous démonté le campement avant qu’un incendie se produise », acquiesce Maurane, une autre « gilets jaunes » de Molsheim. Le groupe de manifestants a inauguré son nouveau QG mobile ce dimanche en bordure de la RD 30 entre Molsheim et Dachstein. A quoi ressemble-t-il ? Il s’agit de deux caravanes attelées avec des tentes pour l’extérieur. Un coin barbecue a été installé pour faire des grillades quand la météo le permet.

Une solution originale qui a le mérite d’être mobile et d’investir les ronds-points plus rapidement. « C’est plus difficile pour les réunions par contre », glisse Véronique. De toute façon, les « gilets jaunes » espèrent pouvoir trouver un nouveau point de chute fixe dès que possible pour poursuivre leurs actions. Parmi les revendications des manifestants, la baisse des taxes et la création d'une « assemblée citoyenne » pour mieux « prendre en compte les besoins des habitants » et surtout une détestation d'Emmanuel Macron.  « Tant qu’on n’aura pas été entendus, on continuera de manifester », prévient la « gilet jaune » de Molsheim.